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Les charleries

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Ce blogue contient des souvenirs, des anecdotes, des opinions, de la fiction, des bribes d’histoire, des récréations et des documents d’archives.

Charles-É. Jean

Saint-Mathieu-de-Rioux

# 5820             27 février 2021

La famine de la décennie 1830

En 1830, Michel Jean s’installe au troisième rang de Saint-Simon-de-la-Baie-Ha! Ha! (1), aujourd’hui faisant partie de Saint-Mathieu-de-Rioux. Au cours de cette décennie, le mouvement de colonisation y progresse lentement. De nouveaux chefs de famille viennent occuper les terres d’abord celles du village actuel et celles contigües à l’ouest.

 

Au plan national, la décennie 1830 est marquée par le mouvement des patriotes qui conduit aux troubles de 1837-1838 et par une crise économique qui affecte autant les gens de la campagne que des villes. Cette crise économique a comme origine la perte de récolte de céréales causée en grande partie par des gels hâtifs en automne. Les pertes sont tellement importantes qu’elles conduisent à la famine dans plusieurs régions du Québec.

 

On ne connaît pas en détails l’ampleur de la crise sur le territoire de Saint-Mathieu-de-Rioux, mais on peut présumer que les conséquences sont à peu près les mêmes que celles des autres paroisses voisines touchées.

 

Les hivers 1833 et 1834

Le premier gel hâtif de cette décennie a lieu à l’automne 1832. Une grande partie des récoltes particulièrement de grains est avariée ou détruite. Le même scénario se produit à l’automne 1833. Selon les journaux de l’époque, l’est du Québec est particulièrement touché par ces pertes qui conduisent sans pitié vers une famine sévère. Les comtés visés sont ceux de Saguenay, de Bellechasse, de Kamouraska, de Beauce et de Rimouski, ce dernier s’étendant de Rivière-du-Loup à Matane.

 

L’hiver 1833 et pire encore celui de 1834 s’avèrent pénibles. La famine provoque une grande détresse dans la population et principalement chez les chefs de famille. Ceux-ci ont peur de voir mourir les leurs à petit feu, mais aussi de ne pas pouvoir se procurer des grains de semence à crédit pour mettre en terre au prochain printemps. Certains vont jusqu’à surhypothéquer leur terre pour payer les denrées alimentaires et craignent qu’à un moment donné le crédit ne sera plus disponible.

 

Dans un premier temps, des quêtes sont menées dans les églises pour venir en aide aux plus touchés par la famine. Les curés s’impliquent dans la distribution de l’argent récolté. Malgré bien des efforts, la situation devient tellement alarmante que les curés et les notables de ces lieux se tournent vers le Parlement provincial du Bas-Canada. La Chambre d’assemblée forme un comité spécial appelé Comité sur les requêtes des paroisses en détresse.

 

Témoignages dans le comté de Rimouski

Dans l’édition du 5 février 1834, le journal Le Canadien publie un résumé du rapport du comité spécial. Voici un aperçu des témoignages dans les paroisses du comté de Rimouski :

 

• Messire Mailloux, curé de la Rivière-du-Loup : « Sur le chemin du lac Témiscouata, sur 80 quelques habitants, un seul a de quoi vivre. Déjà des enfants, en allant à l’école, sont tombés en faiblesse, d’autres ont passé deux jours sans prendre de nourriture, 8 familles n’ont absolument rien (à manger), 10 autres à la Rivière, locataires, ne trouvent rien à gagner, et le peu qu’ils avaient a péri. »

 

• Messire Roy, curé de Cacouna : « Environ 23 à 30 familles n’ont les uns rien, les autres presque rien récolté ; ce qu’ils ont d’animaux va être leur seul soutien jusque vers la fin de février. Tous les habitants, excepté 5 ou 6, ont souffert plus ou moins ».

 

• Messire Béland, curé de l’Isle-Verte : « Il est à craindre, si on n’a pas quelque secours, que quelques-uns ne meurent de faim cet hiver ; 72 familles pourront à peine subsister deux ou trois mois. »

 

• Messire Fortier, curé de Trois-Pistoles et, en plus, desservant de Saint-Simon et de Saint-Fabien : « Sur la récolte de 1832, dans Saint-Fabien, deux habitants seulement m’ont payé la dîme (2) : ce qui m’a donné trois minots et demi de mauvais grains. Dans cette paroisse, 30 familles vont être à bout ; il y en a déjà qui n’ont rien (à manger). Sur 135 familles dans Saint-Simon et 271 dans les Trois-Pistoles, le tiers commence déjà à manquer de tout : c’est la deuxième année que tout manque. Malgré tous nos efforts, il est certain que plusieurs périront de faim si la Providence ne vient à leur secours. »

 

• M. Destroismaisons, curé de Rimouski, dit que dans Rimouski et Sainte-Cécile du Bic, 75 familles sont dans un véritable état de détresse, dont la plupart n’ont seulement pas une vache. Il ajoute que Sainte-Luce et Sainte-Flavie sont en détresse dans la même proportion. « Dans les deux Matane, dit-il, il est probable que 22 familles manqueront de nourriture dès le mois de février. »

 

• M. Rivard de Rimouski : « À sa connaissance, nombre de familles de Saint-Fabien, Sainte-Cécile et une partie de Rimouski, n’avaient plus aucune nourriture à la fin de décembre. Il connaît un chef de famille, avec trois enfants, qui a passé trois jours sans manger. La gelée y aurait détruit toutes les céréales ».

 

Recommandations du comité spécial

Le comité spécial sur la détresse recommande de secourir 527 familles dans le comté de Rimouski. Voici la répartition :

 

Saint-Germain et Sainte-Cécile : 74

Sainte-Luce et Sainte-Flavie : 60

Matane et Sainte-Anne des Monts : 38

Saint-Simon et les Trois-Pistoles : 133

Saint-Fabien : 30

Isle-Verte : 72

Cacouna : 30

Rivière du Loup : 90

 

 Notons que Saint-Simon, y compris Saint-Mathieu, et Trois-Pistoles représentent 25 % des familles à secourir dans le comté de Rimouski.

 

Le Parlement se prononce

Des débats ont lieu au Parlement. Les uns parmi les élus sont d’accord pour verser des subsides aux victimes de la famine ; d’autres comme Louis-Joseph Papineau s’opposent à ce que l’on aide sans conditions. Celui-ci préfèrerait des prêts qui seraient garantis par les bénéficiaires ou par des notables des paroisses. Il argue dans une formule lapidaire : « Notre objet sera donc d'aider des gens qui ne s'aident pas eux-mêmes, et qui se contentent de demander ».

 

Toujours est-il que, le 25 février 1834, le Parlement vote 4629 livres pour secourir les paroisses en détresse de tout l’est du Québec. Il décide que cette somme sera donnée en pur don aux habitants des paroisses concernées.

 

Cette somme doit être administrée par le curé en concertation avec les marguilliers. Pour s’assurer que l’argent aille aux personnes vraiment nécessiteuses, un comité de surveillance d’au moins neuf cultivateurs devait être formé par paroisse. L’argent devait « servir à l’achat de grains et de patates de semence pour les cultivateurs qui, sans secours, ne pourraient pas ensemencer leurs terres. » De cette somme, Trois-Pistoles et Saint-Simon devaient recevoir 332 livres.

 

Il semble que le montant total de 4629 livres n’est pas très élevé si on considère que le comité avait ciblé 2243 familles dans le besoin : ce qui donnerait en moyenne un peu plus de deux livres par famille. À titre de comparaison, la veille un montant de 500 livres avait été voté comme aide aux dames Ursulines afin d’agrandir leur maison d’enseignement.

 

L’hiver 1837

À l’automne 1836, des gelées prématurées détruisent encore les récoltes. Le journal La Minerve, dans son édition du 9 janvier 1837, décrit une situation dramatique : « Une lettre des Trois-Pistoles en date du 30 décembre, dont on nous a donné communication, fait un affreux tableau de misère qui règne en cet endroit. Elle est telle que plusieurs habitants mangent leurs chevaux.

 

La lettre en nomme deux, entr’autres l’un de Saint-Fabien et l'autre de Saint-Simon, qui n'ayant chacun qu'un seul cheval maigre, les ont tués pour s'en nourrir eux et leurs familles. Les récoltes ont manqué depuis quatre ans et beaucoup d’habitants n'ont pas une patate. Les plus aisés ont à peine assez pour eux et leurs familles en bien ménageant. Que vont devenir tous ces pauvres malheureux d'ici au mois de mai ? C'est un supplice d'y songer. Il est certain que la plupart d’entr’eux mourront de faim, si l’on ne vient pas promptement à leur secours. » (fin du texte cité)

 

Dans son édition du 4 février 1837, le journal L’ami du peuple, de l’ordre et des lois mentionne que « la misère affreuse accable le pays » et que le district de Montréal est le moins touché par la famine, même si « les pauvres y fourmillent ». Il continue en écrivant :

 

« Mais la détresse de ce district n’est rien en comparaison de celle qui se fait sentir dans les districts inférieurs. Là, la misère se présente dans toutes ses phases ; les habitants privés depuis longtemps de récoltes sont dénués de vivres et souffrent toutes les cruelles angoisses de la famine la plus dure. On a vu par des lettres que nous avons publiées déjà que, vers les Trois-Pistoles, environ 1200 personnes étaient sur le point de mourir de faim. »

 

Le journal déplore les assertions du journal Morning Courier qui « pour toute consolation aux malheureuses victimes de l’intempérie des saisons, les accable de reproches sur leur mode d'agriculture, et se répand en invectives sans nombre sur l’ignorance des habitants des campagnes. »

 

Encore une fois, les familles ont besoin d’aide. Le Parlement ne semble pas disposé à renouveler son secours. Dans son édition du 1er mai 1837, le journal Le Populaire écrit que « ce sont les citoyens de Québec qui se sont rendus cautions des subsides accordés pour arrêter la famine des Trois-Pistoles, de la Malbaie, etc. »

 

Conclusion

On souhaiterait bien que les pionniers installés à Saint-Mathieu-de-Rioux dans la décennie 1830 n’aient pas été touchés par cette famine. Toutefois, vu l’ampleur de la catastrophe, il est difficile de penser qu’ils en aient été épargnés. Bref, Saint-Mathieu-de-Rioux est née dans une détresse vécue ou appréhendée.

 

* * * * * * *

 

(1) Cette appellation deviendra officiellement Saint-Simon-de-Rimouski le 21 mars 2020.

 

(2) La dîme était une contribution d'environ 10 % de la récolte des cultivateurs, versée à la fabrique. Dans le droit canonique de l’église catholique, elle n’est plus en vigueur.

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# 5810             21 février 2021

Décès de Charles D’Auteuil

Dans son édition du 28 février 1931, le journal Le Soleil nous apprend le décès de Charles D’Auteuil, un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

« À Saint-Mathieu de Rimouski, le 10 février, est décédé à l'âge de 58 ans Charles D’Auteuil, époux de feu Émélia Dionne, après une longue maladie très douloureuse soufferte avec une grande résignation.

 

Il était le fils de feu Thomas D’Auteuil et de feu Séraphine Théberge. Il laisse dans le deuil cinq fils, Philippe, Jean-Marie, Eugène, Vézina et Romain, et trois filles, Rosanna, Marie-Ange et Hélène, tous de Saint-Mathieu, deux frères, M. Auguste D’Auteuil de New-Bedford, Mass., et Adélard, de Saint-Mathieu, deux sœurs, Mmes Augustin Thibault (Rose-Anna) de Baie-des-Sables et Vve Pierre Samson (Clémentine) de Saint-Grégoire de Montmorency, et une foule de neveux et nièces.

 

Son service et sa sépulture ont eu lieu le 12 dans l'église de la paroisse, au milieu d’un nombre considérable de parents et d’amis venus de toutes parts de la paroisse, ainsi que de Saint-Simon et de Saint-Fabien, pour rendre un dernier hommage au regretté disparu. » (Fin du texte cité)

 

Charles D’Auteuil est né le 10 février 1873 à Saint-Mathieu-de-Rioux. Il a épousé Émélia Dionne le 11 juillet 1905. Émélia Dionne est la fille de Ludger Dionne et de Virginie Rioux. Elle est née à Saint-Jean-de-Dieu le 20 juillet 1876. Elle est décédée à Saint-Mathieu-de-Rioux le 27 décembre 1924 à l’âge de 48 ans.

 

L’une des filles du couple, Hélène, est devenue religieuse de la Charité de Québec le 15 août 1938 sous le nom de sœur Saint-Jean-Claude. Elle est née le 5 octobre 1918 pendant la pandémie de la grippe espagnole

 

L’une des petites-filles du couple, Fernande, une fille d’Eugène D’Auteuil et d’Aurore Plourde a aussi opté pour la vie religieuse. Elle est née le 5 octobre 1936. Elle est entrée chez les sœurs de la Charité de Québec le 15 août 1957. Son nom en religion est sœur Sainte-Fernande-de-Jésus.

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# 5795             12 février 2021

Deux enfants disparus

Dans son édition du 14 novembre 1884, le journal Le Franco-canadien publie un article intitulé Protection divine. Ce texte relate les circonstances où deux enfants du rang 5 de Saint-Mathieu-de-Rioux se sont égarés dans la forêt.

 

« M. le rédacteur,

Auriez-vous la bonté de me permettre l'usage d'une colonne de votre journal pour faire connaitre publiquement un fait tout à fait extraordinaire arrivé dans la paroisse de Saint-Mathieu, comté de Rimouski ? Si je me permets de le livrer au public, c’est pour le prier de remercier Dieu, avec tous les habitants de ladite paroisse, de leur avoir accordé une telle grâce.

 

Samedi, 25 octobre, la tranquille paroisse de Saint-Mathieu était menacée d’un grand malheur. Deux enfants de M. Jean-Baptiste Dionne (fils de Pierre), dont l’un était âgé de 12 ans et l’autre de 8 ans, s'étaient éloignés de la maison pour aller casser quelques branches de cèdre. À peine ces enfants avaient-ils fait quelques arpents dans le bois qu'ils se trouvèrent complétement égarés, et continuèrent ainsi à marcher sans savoir où aller.

 

À cinq heures, les parents, ne voyant pas leurs enfants revenir au foyer, se mirent immédiatement à leur recherche. À eux vinrent se joindre d'autres personnes qui cherchèrent en vain jusqu'à dix heures du soir. Dimanche à trois heures du matin, le curé fut averti de l'accident par le père désolé qui mit en lui toute sa confiance. En bon père, consolé par les avis de son pasteur, qui lui avait assuré qu'il les trouverait, il retourne chez lui après avoir éveillé tous les habitants de son arrondissement et les avoir priés de vouloir bien continuer avec lui les recherches de la veille.

 

À six heures, au moins 30 hommes armés d'un grand courage cherchèrent jusqu’à midi, mais en vain. Immédiatement après la grand-messe, le curé est prié de vouloir bien se rendre sur les lieux afin d'animer, par sa présence, le courage de ces infortunés, c'est ce qu'il fit, non pas avec joie, mais avec les sentiments de véritable père.

 

À 1 heure précise, après avoir récité avec une grande ferveur le chapelet de la Ste Vierge et celui du Sacré-Cœur, et aussi après plusieurs invocations au grand Saint-Antoine de Padoue, cinquante personnes accompagnées de leur curé, se rendirent sur le lieu du malheur et cherchèrent toujours en vain jusqu'à 6 heures. Le père et la mère se laissèrent alors aller au désespoir et n'espéraient plus les trouver au moins vivants ; le curé de nouveau essaya de les consoler, en leur disant qu’ils trouveraient leurs enfants.

 

Le lundi, la messe se disait en l'honneur du Sacré-Cœur afin d'obtenir succès dans cette entreprise, et toutes les personnes présentes s’unissaient d'intentions au célébrant. À 9 heures, quatre bons marcheurs, parmi lesquels se trouvaient d'habiles chasseurs se mirent de nouveau à la recherche des petits malheureux. À onze heures, ils commencèrent à trouver des traces de leur passage. Pleins d'espoir de les trouver, ils continuèrent à suivre ces traces autant que possible et parvinrent enfin auprès de ces chers enfants qui erraient encore pleins de vie.

 

Voyons maintenant en quelques mots la conduite de ces deux affligés pendant le court pèlerinage involontaire. Dès samedi soir, ces enfants avaient entendu la voix des personnes qui les cherchaient, mais ils croyaient que c'était le cri des chars (trains de Saint-Simon), et au lieu de revenir vers ces voix, ils s'en éloignaient. À la nuit, ils se campèrent au pied d'un sapin pour passer la nuit, étant obligés de coucher sur la terre gelée et même couverte de neige. Ils voulurent étendre sous eux des branches, leurs petites mains engourdies par le froid refusèrent de leur rendre ce service ; ils passèrent donc la nuit dans cet état. Le plus âgé était agité, et au milieu de ce demi-sommeil, il suppliait de sa voix enfantine son père ou sa mère de venir les chercher.

 

Ils passèrent toute la journée du dimanche à marcher. Le soir ils se mirent dans le même état que la veille pour y passer la nuit, et le lendemain ils continuèrent à marcher jusqu’à une heure. Au moment de leur heureuse délivrance, le plus âgé avait fait placer son jeune frère dans un pin creux, parce qu'il ne pouvait plus marcher, tandis que lui-même s'efforcerait de trouver ses bons parents, qui ensuite viendraient le chercher.

 

Le plus âgé a été trouvé très bien disposé et a parcouru avec une grande facilité la longue distance qui les séparait du foyer ; mais le plus jeune avait un pied tellement endommagé par le froid qu'il ne pouvait pas s'en servir dans le moment. Ils ont donc été deux jours et deux nuits exposés à la rigueur de la dure saison et déclarent à qui veut les entendre qu'ils n'ont souffert ni de la faim, ni du froid, ni de la fatigue.

 

Tous ensemble rendons grâce à Dieu, et à vous M. le Rédacteur merci pour votre bienveillante hospitalité. »

(Signé) Un paroissien,

St-Mathieu, 29 octobre 1884

 

Jean-Baptiste Dionne est né le 21 avril 1845 à l’Isle-Verte. Il est le fils de Pierre Dionne et d’Angèle Boucher. Il épouse Marguerite Gaudreau le 7 mai 1867 à Saint-Mathieu-de-Rioux. Marguerite est la fille de Pascal Gaudreau père et de Séraphine Caron. Le couple a eu 12 enfants. Au moment des faits, Jean-Baptiste est cultivateur au rang 5.

 

D’après leur âge, les deux enfants touchés par ce drame sont Ferdinand, né le 27 mai 1872, et Philéas, né le 21 janvier 1876. Entre les deux enfants, se trouve Delphine qui a épousé Philéas Gaudreau, lequel a possédé une terre au début du rang 5, là où commence la route du sixième rang. Philéas Gaudreau est le fils de Pascal Gaudreau fils et d’Aglaé Boucher.

 

Le curé est le révérend Hermel Tremblay qui est à ce poste depuis un an.

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# 5770             27 janvier 2021

Décès de Charles D’Auteuil

Dans son édition du 28 février 1931, le Soleil, journal de Québec, nous apprend le décès de Charles D’Auteuil.

 

« À St-Mathieu de Rimouski, le 10 février, est décédé à l'âge de 58 ans Charles D’Auteuil, époux de feu Émélia Dionne, après une longue maladie très douloureuse soufferte avec une grande résignation.

 

Il était le fils de feu Thomas D’Auteuil et de feu Séraphine Théberge. Il laisse dans le deuil cinq fils, Philippe, Jean-Marie, Eugène, Vézina et Romain, et trois filles, Rosanna, Marie-Ange et Hélène, tous de St-Mathieu, deux frères, M. Auguste D’Auteuil de New-Bedford, Mass., et Adélard, de St-Mathieu, deux sœurs, Mmes Augustin Thibault (Rose-Anna) de Baie-des- Sables et Vve Pierre Samson (Clémentine) de St-Grégoire de Montmorency, et une foule de neveux et nièces.

 

Son service et sa sépulture ont eu lieu le 12 dans l'église de la paroisse au milieu d’un nombre considérable de parents et d’amis venus de toutes parts de la paroisse, ainsi que de St-Simon et de St-Fabien, pour rendre un dernier hommage au regretté disparu. »

 

Charles D’Auteuil est né le 10 février 1873 à Saint-Mathieu-de-Rioux. Il épouse Émélia Dionne le 11 juillet 1905 à cet endroit. Les parents de son épouse sont Ludger Dionne et Marie Lemay qui ont eu cinq enfants.

 

Hélène, une des filles de Charles D’Auteuil, est née le 5 octobre 1918. Elle entre en religion le 15 août 1938 chez les Sœurs de la Charité de Québec sous le nom de Sœur Saint-Jean-Claude. Elle est décédée le 2 décembre 2009, à l'âge de 91 ans, après 71 ans de vie religieuse.

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# 5750             15 janvier 2021

Dérives du régime seigneurial à Saint-Mathieu-de-Rioux

En 1627, la Nouvelle-France adopte le régime seigneurial qui vise à faciliter la possession du sol et son exploitation par le biais de distribution de terres. La subsistance des familles et l’occupation du territoire sont les deux fondements de cette politique.

 

Certaines personnes parmi les plus influentes du pays reçoivent de larges territoires qui correspondent à cinq ou six paroisses actuelles et souvent même plus. Ces territoires sont appelées seigneuries. Avec le temps, des gens fortunés achètent des fractions de territoire.

 

En 1790, une partie de la seigneurie Nicolas-Rioux est achetée par Joseph Drapeau, un riche marchand de Québec. Outre Saint-Mathieu-de-Rioux, cette seigneurie comprend alors les paroisses actuelles de Saint-Simon-de-Rimouski, de Saint-Fabien et de Saint-Eugène-de-Ladrière. En 1829, les six filles de Joseph Drapeau héritent de la seigneurie. Luce-Gertrude Drapeau en est l’administratrice.

 

Le seigneur doit concéder gratuitement à un chef de famille un lot qu’il a l’obligation de défricher, d’y construire une habitation et d’y résider. En retour, l’acquéreur qu’on appelle censitaire doit verser au seigneur une redevance annuelle appelée cens.

 

Ce régime seigneurial est parfois victime de gens déjà riches ou de gens ambitieux qui cherchent fortune. Ceux-ci acquièrent des lots dans le but de les revendre à profit ou d’exploiter la forêt en engageant des bûcheurs à gages. Ils ne se soucient guère de leur obligation envers la colonisation.

 

Nous vous présentons 12 cas où visiblement, à Saint-Mathieu-de-Rioux, la spéculation et l’exploitation forestière priment sur le développement agricole. (1)

 

Cas 1. William Venner

William Venner, écuyer, naît à Québec en 1813. Il est le premier marchand à s’établir à Saint-Anselme-de-Lauzon. Après 20 ans, il fait office de courtier et de banquier à Québec. Il est l’un des hommes les plus riches du quartier Saint-Roch de cette ville. Il décède en 1890.

 

En 1858, il possède un lot au village de Saint-Mathieu-de-Rioux. Sa terre mesure 4 arpents de front et 20 arpents de profondeur. Elle est située entre celle de Joseph Paradis et celle de Philomène Lauzier.


Cas 2. Le révérend Chouinard et le juge Caron

En mars 1872, Antoine Chouinard, ancien curé de Saint-Mathieu (1866-1871), achète une terre de quatre arpents de front (2) au quatrième rang de Saint-Mathieu. Le vendeur est René-Édouard Caron, 71 ans, à ce moment juge à la Cour du banc de la reine. Antérieurement, Caron a été maire de Québec pendant huit ans, député au Bas-Canada, bâtonnier, juge à la Cour supérieure. Il sera plus tard le deuxième lieutenant-gouverneur du Québec.

 

René-Édouard Caron avait obtenu cette terre de Nicolas Leblond en 1838. Leblond l’avait acheté de Joseph Caron qui lui-même l’avait obtenu des seigneuresses Drapeau en 1834.

 

L’acte d’achat par le révérend Chouinard ne mentionne pas de bâtisse. On présume que la terre n’est pas encore défrichée. Nonobstant ce fait, Chouinard a déboursé 100 $ pour cet achat, un montant payable en cinq ans avec un taux d’intérêt de 7 %. Pour en assurer le paiement, il a hypothéqué son lot.

 

En 1878, le juge Caron possède au moins une autre terre sans bâtisse à Saint-Mathieu. On apprend cela quand la seigneuresse Luce-Gertrude Drapeau fait vendre aux enchères publiques une terre qui appartient à Édouard Létourneau. Voici la description du lot :

 

« Une terre située en la paroisse de Saint-Mathieu, contenant huit arpents de front sur trente arpents de profondeur, plus ou moins, en le quatrième rang de la seigneurie Nicolas Rioux ; joignant d'un côté au nord-est à la veuve Thadée Bélanger ou représentants, d'autre côté au sud-ouest aux représentants du juge Caron — sans bâtisses. »

 

Cas 3. Le révérend Louis-Théophile Fortier

Louis-Théophile Fortier naît à Québec en 1803. Il est ordonné prêtre en 1826. Il succède au révérend Édouard Faucher à la cure de Trois-Pistoles, soit de 1831 à 1835. Il décède à Nicolet en 1874.

 

En 1858, il possède une terre de six arpents au rang 4. Elle est située entre celle de Vital Rousseau et celle de William Price.

 

Cas 4. Félix Têtu

Félix Têtu, écuyer, est un riche marchand et maître de poste de Trois-Pistoles. Il est commissaire pour les petites causes dans la seigneurie de Trois-Pistoles. Il décède à Trois-Pistoles le 16 juin 1876 à l’âge de 74 ans.

 

En 1858, il possède une terre de huit arpents au rang 3 de Saint-Mathieu-de-Rioux. Elle est située entre celle de Magloire Bérubé et celle de Simon Talbot.

Cas 5. Ulric-Joseph Tessier

Ulric-Joseph Tessier est né le 3 mai 1817 à Québec. Il est le fils de Michel Tessier, marchand, et de Marie-Anne Perrault. Il est admis au barreau du Québec le 22 juin 1839. En 1847, il épouse à Rimouski Marguerite-Adèle Kelly, fille d'Augustin Kelly et d’Adélaïde Drapeau, l’une des seigneuresses. Il est l’avocat des seigneuresses Drapeau. Il est tour à tour maire de Québec, député, conseiller législatif, sénateur, seigneur et juge. Il décède en 1892 à Québec.

 

En 1858, il possède une terre de neuf arpents au rang 5. Elle est située entre celle de François Lefebvre et l’une de William Price.

 

Cas 6. Le révérend Édouard Faucher

Édouard Faucher naît à Saint-Michel-de-Bellechasse en 1802. Il est ordonné prêtre en 1824. Il est nommé curé de Trois-Pistoles en 1829, l’année même où les Dames Drapeau héritent de la seigneurie Nicolas-Rioux. Le 22 octobre 1829, il achète de Pierre Michaud une terre de 10 arpents de front au troisième rang de Saint-Simon. Quelques mois plus tard, il obtient une cure à Lotbinière et vend son bien à deux de ses sœurs.

 

Détail surprenant. Le 10 février 1835, Luce-Gertrude Drapeau, administratrice de la seigneurie, épouse le notaire Thomas Casault. Ce dernier est le frère de Marie-Geneviève Casault qui est la mère du révérend Faucher. Ce dernier devient le neveu de la seigneuresse Drapeau.

 

Cas 7. Les Ouellet

Fait intriguant. Dans la liste des propriétaires des terres en 1858, on retrouve sept dénommés Ouellet qui ont chacun un arpent de terre au rang 3 et qui sont voisins. Ce sont : Joseph, Pierre, Angélique, Éliza, Justine, Sophie et Génoffe dans cet ordre. Il est fort probable que ce sont des membres d’une même famille, mais je n’ai rien trouvé qui permet de l’affirmer.

 

Une surprise. Au retrouve les mêmes noms dans le même ordre au rang 4 avec encore chacun un arpent sauf que Sophie est remplacée par Marie. (Serait-ce la même ?) Aucune de ces personnes n’est décédée à Saint-Mathieu.

 

Au total, les Ouellet possèdent 14 arpents de terre.

 

Cas 8. Nazaire Têtu

Nazaire Têtu, écuyer, est né en 1814 à Montmagny. Il est le cousin de Félix Têtu. Il devient coseigneur d’une cinquième partie de la seigneurie de Trois-Pistoles, n’ayant toutefois que deux censitaires. Il s’associe à William Price pour le commerce du bois, tout en ayant sa propre scierie à Trois-Pistoles. Il décède à cet endroit en 1891.

En 1858, il possède une terre de neuf arpents au rang 3 de Saint-Mathieu-de-Rioux. Elle est située entre celle de Zéphirin Lebel et celle de Majorique Turcot. Il possède aussi une terre de huit arpents de front et de 10 de profondeur au rang 4, entre celle de François Roussel et celle de Jean-Baptiste Turcot. Au total, Nazaire Têtu possède 17 arpents.

 

Cas 9. Firmin Dion

Firmin Dion est originaire de Saint-Roch des Aulnaies. Pendant un certain temps, il est propriétaire du premier moulin à farine de Saint-Mathieu-de-Rioux. À un moment donné, il éprouve des difficultés financières. En 1877, Jane Price, la fille de William, fait vendre aux enchères publiques non seulement la terre de quatre arpents où est situé le moulin à farine, mais encore six autres de ses terres.

 

Au rang 4, y compris la précédente, Dion possède trois terres contigües bornées à l’est à Charles Lagacé et à l’ouest à Bélonie Pigeon. Au rang 5, Dion possède quatre terres contigües bornées à l’est à Placide Lafontaine et à l’ouest aux seigneuresses Drapeau. Ces sept terres sont sans bâtisse sauf celle voisine de Pigeon où une grange a été érigée. Les sept terres chacune de quatre arpents totalisent 28 arpents.

 

Cas 10. Les frères Turcot (ou Turcotte)

Six membres de la famille Augustin Turcot et Angélique Lavoie ont chacun une terre à Saint-Mathieu-de-Rioux en 1858. Ceux-ci sont nés à Trois-Pistoles. Le père est décédé en 1855 à Saint-Fabien.

 

Au rang 3, on retrouve les propriétaires suivants : Majorique, quatre arpents, Fabien, six arpents, Octave, quatre arpents, Séverin, quatre arpents et Sifroid, sept arpents. Les terres des quatre premiers frères sont voisines dans l’ordre donné. De plus, leur frère Jean-Baptiste possède une terre de 12 arpents de front et de six arpents de profondeur au rang 4. Les Turcot ont 37 arpents de front au total.

 

Il est probable qu’aucun de ces frères n’a demeuré à Saint-Mathieu. Ce qui est sûr, c’est qu’aucun n’y est décédé. D’ailleurs, trois d’entre eux ont aussi des terres au deuxième rang de Saint-Simon.

 

Cas 11. Louis Bertrand

Louis Bertrand est né en 1786 à Cap-Santé. Il s’installe à l’Isle-Verte en 1811. En tant que marchand de bois, il mène des contrats de coupe de bois pour des négociants extérieurs à la région. Il est seigneur de l’Isle-Verte. Parmi ses autres titres, on peut citer : député, maire, lieutenant-colonel de milice. Il est décédé à l’Isle-Verte en 1871.

 

En 1858, il possède au rang 3 de Saint-Mathieu-de-Rioux deux terres chacune de deux arpents, une de cinq arpents et une autre de 34 arpents. Il possède aussi une terre de quatre arpents au rang 4. Ses possessions totalisent 47 arpents.

 

Cas 12. William Price

William Price, marchand de bois, naît en 1789 au Royaume-Uni. Il est propriétaire de nombreux moulins à scie dans les régions de Charlevoix, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent. À Saint-Mathieu-de-Rioux, il a en sa possession pendant un certain temps un moulin à scie et un moulin à farine. Il décède en 1867.

 

En 1858, Price possède une terre de six arpents au rang 3, une autre de 24 arpents au rang 4 et une troisième de 36 arpents au rang 5. Au total, il possède 66 arpents de terre : ce qui correspond à 3,86 kilomètres de front.

 

Autres cas non documentés

Dans le cadastre de Siméon Lelièvre de 1858, on constate qu’il y a deux représentants, l’un est Olivier Simon qui a aussi une terre de six arpents au deuxième rang de Saint-Simon, l’autre est Paul Sylvain. On ne sait pas si, de fait, ces deux hommes habitent sur les terres dont les propriétaires sont inconnus.

 

Il y a d’autres cas qu’il a été impossible de confirmer. Par exemple, en 1858, Éloi Rioux possède une terre de deux arpents au rang 3. Est-ce le nommé Éloi Rioux qui est un coseigneur de la seigneurie des Trois-Pistoles ?

 

On peut aussi penser que certains cultivateurs qui sont parmi les plus fortunés achètent un ou d’autres lots pour les revendre ou en faire l’exploitation forestière. Ces cas n’ont pas été retenus dans le calcul global.

 

Conclusion

À Saint-Mathieu-de-Rioux, en 1858, 760 arpents de terre sont concédés ou revendus. On trouve 355 arpents au rang 3, 243 arpents au rang 4 et 162 arpents au rang 5. Aucune terre du rang 6 n’est alors concédée. L’ensemble des cas cités montre qu’environ 33 % du territoire qui est concédé ou revendu est présumément voué à la spéculation ou à l’exploitation forestière. Si on considère l’ensemble du territoire de Saint-Mathieu, y compris le rang 6, c’est environ 35 % du sol seulement qui est en train d’être colonisé.

 

Les dames Drapeau sont-elles responsables de cette situation ? Il semble exister une certaine complicité entre les élites et les seigneuresses. Certains membres du clergé, certains notables ou certains exploitants forestiers obtiennent des terres sans vouloir s’y installer et les défricher en vue de semer et de récolter. Bref, les seigneuresses Drapeau concèdent des terres sans présumément obliger les tenanciers à faire de l’exploitation agricole.

 

Ces dérives du régime seigneurial ne sont pas totalement négatives. En effet, le fait d’exploiter les ressources forestières aide à consolider l’économie locale en donnant du travail d’appoint à certains cultivateurs ou à leurs fils et en permettant aux moulins à scie de produire autant pour les besoins locaux que pour l’exportation. Bien souvent, à cette époque, les moulins à scie constituent la base de l’économie d’une paroisse.

 

Ces retombées positives ne doivent pas nous faire oublier qu’à Saint-Mathieu-de-Rioux la distribution et l’occupation des terres ne se sont pas toujours faites dans un climat sain et que des élites ont abusé de leur notoriété pour détourner à leur profit les ressources forestières sans se soucier des colons qui trimaient dur pour faire vivre décemment leur famille.

 

* * * * * * *

Notes

(1) La plupart des renseignements concernant les noms des propriétaires de terre sont tirés du Cadastre abrégé de la seigneurie de Nicolas Rioux établi, en 1858, par Siméon Lelièvre, écuyer et commissaire.  Voici le lien qui a été vérifié le 14 janvier 2021 :

Cadastres abrégés des seigneuries du district de Québec: déposés au greffe ... - Canada. Commissioners under the Seigniorial act of 1854 - Google Livres

 

 (2) Lorsque la profondeur d’une terre n’est pas mentionnée, c’est qu’elle est de 30 arpents.

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# 5730             3 janvier 2021

La saga du premier moulin à farine de Saint-Mathieu-de-Rioux

Jusqu’en 1854, le régime seigneurial oblige les seigneurs à bâtir un moulin à farine sur leurs terres. En revanche, les censitaires doivent y faire moudre leurs grains et céder un droit de mouture, appelé droit de banalité.

 

En 1830, quand Michel Jean s’établit au troisième rang de Saint-Simon-de-Rimouski, aujourd’hui Saint-Mathieu-de-Rioux, les six filles de Joseph Drapeau sont propriétaires de façon indivise de la seigneurie Nicolas-Rioux que leur père a achetée en 1790. À ce moment, aucun moulin à farine n’existe dans la paroisse de Saint-Simon (1).

 

Construction d’un moulin à farine

En 1836, Joseph Migné Lagacé (2), un cultivateur de 56 ans de Kamouraska et père de 19 enfants, achète une terre de deux arpents au Faubourg du moulin à Saint-Mathieu. On peut raisonnablement penser qu’il a opté pour ce lot à cause de la rivière Neigette qui y coule du sud au nord et qu’il a des plans précis pour la faire fructifier.

 

Le vendeur de la terre est Antoine Ouellet (3) qui s’est marié à Kamouraska en 1828. Il est âgé de 32 ans et est cultivateur à Saint-Mathieu. Le lien qui unit les deux hommes se consolidera quand Narcisse Ouellet, le fils d’Antoine, épousera en 1851 Hortense Lagacé, la fille de Joseph.

 

Le 21 janvier 1842, un avis public est lu sur le perron de l’église de Saint-Simon. Par cet avis, Joseph Lagacé somme les seigneuresses Drapeau, dont Luce-Gertrude est l’administratrice, d’ériger un moulin à farine sur le territoire de cette paroisse, sinon il le fera. À cette époque, le deuxième rang de Saint-Simon est peu peuplé à cause d’obstacles naturels et le troisième rang, aujourd’hui de Saint-Mathieu, est habité partiellement seulement depuis 12 ans. Par ailleurs, les côtes abruptes constituent un frein pour les déplacements entre les deux paroisses. Le pari, pour Lagacé, de s’engager dans un tel bras de fer est risqué.

 

Devant le refus des dames Drapeau de souscrire à son ultimatum, Joseph Lagacé entreprend par ses propres moyens la construction d’un moulin à farine sur son lot en 1843. Il se procure les machines-outils nécessaires dont deux moulanges. Il hypothèque son lot de Kamouraska et celui de Saint-Mathieu. Il engage Jean Bouchard comme meunier et le moulin commence à opérer le 24 juin 1845.

 

La bâtisse (4) est située à une cinquantaine de mètres au sud du pont qui enjambe la rivière Neigette, aujourd’hui appelé pont à Désiré. Elle a deux étages. Le rez-de-chaussée fait office de meunerie. Un escalier extérieur joint le deuxième étage qui sert de résidence au meunier. Du côté ouest tout près, un barrage est érigé sur la rivière Neigette.

 

Les seigneuresses Drapeau n’apprécient pas qu’un de leurs censitaires les défie. Pour empêcher Lagacé de bâtir, puis de faire fonctionner son moulin, elles font émettre des protêts notariés. Lagacé ne bouge pas.

 

Les dames Drapeau continuent à revendiquer leurs droits en justice. Elles confient leur défense à un jeune avocat de Québec du nom d’Ulric-Joseph Tessier (5). Ce dernier fait partie de leur famille puisqu’il épouse en 1847 une fille d’Adélaïde Drapeau, l’une des seigneuresses.

 

Le 14 mars 1850, Joseph Lagacé cède son lot et le tiers des parts du moulin à farine à son fils Édouard (6) qui a 26 ans et qui est marié depuis moins d’un mois. L’année suivante, sans qu’on en connaisse la raison, Édouard rétrocède à son père cette même terre en même temps que les parts du moulin.

 

Joseph Lagacé se tourne vers William Price, de la compagnie Price Brothers, qui a un droit de coupe de bois dans la seigneurie. Price prend possession de la terre et du moulin et cède à Lagacé en échange un lot de quatre arpents au rang 4, de même qu’un terrain adjacent. Lagacé devait être bien mal pris financièrement pour accepter cet échange.

 

Droit de banalité en jeu

Les dames Drapeau réclament de la compagnie Price une indemnité pour compenser leur droit de banalité. Le commissaire de la tenure seigneuriale décide que celles-ci ne sont pas éligibles à une telle indemnité. En 1858, elles vont en appel. Leur avocat affirme de façon erronée « que le moulin bâti par le nommé Migné Lagacé n'a été érigé non pas comme un moulin à farine véritable, mais que ce n’était qu’une petite bâtisse construite par un pauvre homme sur un terrain qui ne lui appartenait pas, mais appartenait à William Price, écuyer. (7) »

 

Il continue en soutenant qu’un bail avait été négocié entre William Price et les requérantes. Ce bail reconnaissait que les dames Drapeau conservaient leur droit de banalité. L’appel est rejeté.

 

De nouveaux propriétaires

Plus tard, Firmin Dion achète le moulin à farine des Price. Toutefois, en 1877, Jane Price, la fille de William, fait vendre aux enchères publiques la terre maintenant de quatre arpents où est situé le moulin à farine et six autres terres appartenant à Dion. Il semble clair que Dion ne peut pas remplir ses obligations financières envers la compagnie Price. Voici l’acte de mise en vente de la terre où est situé le moulin :

 

« Demoiselle Jane Price, demanderesse, contre Firmin Dion, défendeur, savoir :

Une terre située en le quatrième rang de la seigneurie Nicolas-Rioux, paroisse de Saint-Mathieu, de la contenance de quatre arpents de front et trente arpents de profondeur, borné au nord aux terres du troisième rang, au sud aux terres du cinquième rang, à l’est à Charles Lagacé ou ses représentants, à l’ouest au défendeur, avec un moulin à farine, un moulin à scie et maison et autres bâtisses sus-construites, circonstances et dépendances.

 

Pour être vendue à la porte de l’église de la paroisse de Saint-Mathieu le 10 avril 1877. » (Gazette officielle du Québec, 24 mars 1877)

 

Un nouvel acheteur se pointe en la personne de Jean-Baptiste Lavoie (8) qui est originaire de Kamouraska, tout comme Joseph Lagacé. En voilà un autre qui ne tiendra pas le coup très longtemps.

 

En 1880, Joseph Dionne, un cultivateur et maître de poste de Sainte-Anne de la Pocatière entre en scène. Il a le titre d’écuyer, signe qu’il a une certaine fortune et une certaine notoriété. Il fait vendre aux enchères publiques la terre où se trouve notamment le moulin à farine. Voici l’acte de mise en vente :

 

« Joseph Dionne, de la paroisse de Sainte-Anne la Pocatière, district de Kamouraska, demandeur, contre Jean-Baptiste Lavoie, de la paroisse de Saint-Mathieu, dans le district de Rimouski, cultivateur, défendeur, savoir :

 

Une terre située en le quatrième rang des concessions de la seigneurie de Nicolas-Rioux, paroisse Saint-Mathieu, contenant quatre arpents de front sur trente arpents de profondeur ; bornée au nord au troisième rang, au sud au cinquième rang, au sud-ouest à Jules Fournier, et au nord-est à Joseph Ouellet, avec les moulins à scie et à farine et autres bâtisses sus-construites, appartenances et dépendances.

 

Pour être vendue à la porte de l'église de ladite paroisse de Saint-Mathieu, le 21 décembre 1880. » (Gazette officielle du Québec, 16 octobre 1880)

 

On ne sait pas de quelle façon Joseph Dionne a acquis des droits sur cette terre. Toutefois, fait intriguant, cet homme est le père de Léonidas Dionne qui pratique le droit à Rimouski depuis 1875 avec comme associé, Auguste Tessier (9), le fils d’Ulric-Joseph Tessier. Ce dernier est toujours l’avocat des seigneuresses Drapeau. Voilà un élément qui pourrait faire penser à un complot, mais sans preuve on ne peut rien affirmer.

 

On croit que Jean-Baptiste Lavoie continue d’être meunier, car on retrouve son nom et ce titre dans la liste des partants vers les États-Unis en 1889.

 

Selon Fernand Dionne, un petit-fils d’Ernest Dionne, ce dernier et son frère Ferdinand (10) se portent acquéreurs du moulin Lagacé en 1890. Ils sont les premiers propriétaires originaires de Saint-Mathieu.

 

Dernier propriétaire

Le moulin à farine passe dans les mains d’Alfred Bernier (11), un habitant de Saint-Simon-de-Rimouski. En 1937, le moulin est encore en opération. Selon un rapport intitulé Inventaire des ressources naturelles et industrielles 1938 : comté municipal de Rimouski, cette année-là, Bernier « a moulu près de 215 000 livres de blé représentant 150 000 livres de farine, ainsi que 600 000 livres de moulées alimentaires. M. Bernier moud à commission pour les cultivateurs et garde comme rémunération de son travail 12 % des grains qu'il reçoit. Il est parfois payé en argent. »

 

En 1937, la paroisse de Saint-Mathieu importe 140 000 livres de farine, représentant 70 % de la consommation locale. En plus, elle importe 20 000 livres de moulées alimentaires. Avec le temps, les importations de farine et de moulées s’accentuent. En 1940, un moulin à farine coopératif voit le jour à Saint-Mathieu-de-Rioux. Même si ce moulin est davantage axé sur la moulée, il n’aide pas à la rentabilité du moulin de Bernier.

 

Le 30 mai 1942, la Gazette officielle du Québec publie un acte de vente aux enchères publiques du moulin :

 

« Cour Supérieure, District de Rimouski

Ludger Bernier, Noranda, vs Alfred Bernier, savoir :

1. Parties des lots 225, 226, et 227 au cadastre officiel de la paroisse de St-Mathieu bornées au nord au chemin, au sud à deux arpents au sud de l'écluse du moulin, à l'est et à l'ouest sur le haut de l'écart de la Rivière Neigette, avec la maison, moulin à farine, et accessoires, et autres bâtisses, circonstances et dépendances.

 

2. Partie du lot N° 227 au cadastre officiel de la paroisse de St-Mathieu, d'environ 50 pieds carrés, bornée au nord et à l'est à Édouard Bélanger, au sud à Désiré Dionne, à l'ouest à la Rivière Neigette.

 

Pour être vendues à la porte de l'église de la paroisse de St-Mathieu, le 9 juin prochain (1942). »

 

On peut raisonnablement penser qu’à ce moment le moulin à farine avait cessé d’opérer.

 

Conclusion

Le premier moulin à farine de Saint-Mathieu-de-Rioux a eu une histoire mouvementée. Elle commence par une mise en demeure d’un habitant de Kamouraska envers les seigneuresses Drapeau les intimant de construire un moulin banal. Cet habitant, Joseph Lagacé, passe aux actes en construisant un moulin privé. Des poursuites juridiques s’enclenchent et durent des années. Finalement, Joseph Lagacé en sort vainqueur.

 

Dans un premier temps, Joseph Lagacé cède une partie des parts du moulin à son fils Édouard. S’agit-il d’un cadeau empoisonné ? Toujours est-il qu’au bout d’un an, Édouard remet ce cadeau à son père.

 

Joseph Lagacé échange son moulin contre des propriétés de William Price. Ce dernier cède ses parts à sa fille Janette. Par la suite, au moins deux propriétaires (12) se succèdent et sont forcés de vendre. Ce sont Firmin Dion et Jean-Baptiste Lavoie. Puis, les frères Ernest et Ferdinand Dionne achètent le moulin. Ils le revendent à Alfred Bernier qui abandonne vers 1940. Le moulin privé aura opéré pendant plus de 90 ans.

 

* * * * * * *

Références

(1) Certains renseignements concernant les débuts du moulin à farine de Saint-Mathieu ont été puisés dans l’article La guerre des moulins de Saint-Simon (1836-1870) dont les auteurs sont Jean-Pierre Proulx et Lucie Plante. Cet article a été publié en juin 2019 dans la revue l’Estuaire et met l’accent sur les « relations conflictuelles entre un censitaire et une seigneuresse dans le cadre du régime seigneurial ». Voici le lien permettant de lire l’article : la_guerre_des_moulins_de_saint-simon_1836-1870.pdf (st-simon.qc.ca)

(Lien vérifié le 2 janvier 2021)

(2) Joseph Lagacé est né le 10 février 1780 à Rivière-Ouelle. Il épouse Modeste Pelletier à Kamouraska le 24 juillet 1809, puis Léocadie Dionne le 12 février 1816. Tous ses enfants sont nés à Kamouraska. Il semble bien qu’il quitte Kamouraska pour Saint-Mathieu vers 1850. Il décède le 6 octobre 1864 à Saint-Mathieu à l’âge de 84 ans.

(3) Antoine Ouellet est le fils d’Antoine Ouellet et de Marie-Geneviève Ouellet. Il décède à Saint-Mathieu le 30 décembre 1894 à l’âge de 90 ans. Son fils Narcisse est né le 31 août 1831. Il décède à Saint-Mathieu le 7 avril 1917.

 

(4) La description est faite d’après mes souvenirs vers 1948. La bâtisse abandonnée et le barrage étaient encore en place.

 

(5) Ulric-Joseph Tessier est né le 3 mai 1817 à Québec. Il est le fils de Michel Tessier, marchand, et de Marie-Anne Perrault. Il est admis au barreau de Québec le 22 juin 1839. Il est tour à tour maire de Québec, député, conseiller législatif, sénateur, seigneur et juge. Il décède en 1892 à Québec.

 

(6) Édouard Lagacé est né le 6 mai 1824 à Kamouraska. Il épouse Desanges Bérubé le 5 février 1850 à Trois-Pistoles. Il décède à Saint-Mathieu le 1er juin 1880.

 

(7) Extrait d’un document produit par Ulric-Joseph Tessier lors de la requête des dames Drapeaux en appel à la Cour de Révision des commissaires de la tenure seigneuriale.


(8) Jean-Baptiste Lavoie est né le 21 février 1841. Il épouse Virginie Thibault le 31 janvier 1865 à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie (Kamouraska). La cinquième enfant, Florentine, naît à Saint-Simon-de-Rimouski en 1878 et la sixième, Virginie, à Saint-Mathieu-de-Rioux en 1880.

(9) Auguste Tessier naît le 20 novembre 1853 à Québec. Il est admis au Barreau du Québec le 18 juillet 1876. Il épouse Corinne Gauvreau à Rimouski le 21 août 1878.
 

(10) Fernand Dionne est le petit-fils d’Ernest Dionne. Ce dernier est né à Saint-Mathieu le 12 novembre 1870. Il épouse Odila Vaillancourt le 3 février 1891. Il décède le 11 novembre 1947 à l’âge de 77 ans. Il est le fils de Jean-Baptiste Dionne et d’Aglaé Rioux. Ferdinand Dionne est né à Saint-Mathieu le 27 octobre 1868. Il épouse Délima Vaillancourt le 5 mars 1889. Il décède le 18 février 1941 à Amqui.


(
11) Alfred Bernier naît le 29 octobre 1894 à Saint-Simon. Il est le fils de Jean-Baptiste Bernier et de Zoé Chouinard. Il épouse Éva Rousseau, fille d’Édouard Rousseau et d’Aurélie Chassé, le 10 juillet 1917 à Saint-Mathieu. Il décède à Saint-Michel de Squatec le 23 octobre 1976.

 

(12) Il est fort possible que d’autres propriétaires aient existé entre William Price et les frères Dionne. Pour les trouver, il aurait fallu consulter le registre foncier du Québec.

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# 5720             27 décembre 2020

Funérailles de Séraphine Théberge

Dans son édition du 5 avril 1924, le journal Le Soleil nous apprend le décès de Séraphine Théberge.

 

« Le 26 mars dernier, est décédée en notre paroisse à l’âge de 81 ans et 8 mois dame Séraphine Théberge, épouse de sieur Thomas D’Auteuil après une courte maladie de trois semaines soufferte avec résignation.

 

Son service et sa sépulture ont eu lieu le 28 mars dernier au milieu d’un groupe de parents et d’amis. Le service a été chanté par M. l’abbé Giguère, curé de la paroisse.

 

Les porteurs de la dépouille mortelle étaient ses fils, M. Auguste D’Auteuil, de New-Bedford, Charles D’Auteuil, Adélard D’Auteuil, Noël Girouard, son gendre. Portait la croix M. Hermel Samson de St-Grégoire de Montmorency, son petit-fils.

 

Conduisaient le cortège ses enfants, Mme Noël Girouard, Mme Pierre Samson du Lac-Édouard, Mme Augustin Thibault, de Sandy-Bay (aujourd’hui Baie-des-Sables), M. Octave Thibault, son beau-frère de Sandy-Bay, Mme Charles D’Auteuil, Mme Alfred Théberge.

 

Ses petits-fils : Évangéliste, Ambroise, Octave Girouard, Philippe, Jean-Marie D’Auteuil, Pierre, Maurice, Lucie D’Auteuil, Rosée D’Auteuil, Mme Joseph Fournier, Mlle Béatrice Samson de St-Grégoire de Montmorency,

 

Ses neveux : Eusèbe, Noël Théberge, M. et Mme Philippe Théberge de St-Fabien, Alphonse Théberge de Trois-Pistoles, M. et Mme Ferdinand D’Auteuil, P. D’Auteuil, Mme Édouard Ouellet de Ste-Françoise M. et Mme Émile Théberge de St-Mathieu et beaucoup d’autres dont les noms nous échappent.

 

La défunte laisse pour pleurer sa perte son époux, ainsi que M. Alfred Théberge, son frère. »

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# 5695             12 décembre 2020

Nouvelles du 13 novembre 1914

Dans son édition du 13 novembre 1914, Le Progrès du Golfe publie des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Mariages

Le 11 août, M. Arthur Lagacé, fils de Majorique, conduisait à l’autel Mlle Emma Bérubé, fille de Johnny Bérubé.

 

Le 5 octobre M. Ernest Berger, fils d’Émile Berger, de St-Fabien, avec Mlle Emma Vaillancourt, fille d’Alfred Vaillancourt.

 

40-Heures

Les 40-heures ont eu lieu dans notre paroisse le 26 octobre. Les Révérends MM. Amyot, Jean et Pelletier sont venus prêter leur concours â M. le curé. On peut dire que presque tous les paroissiens se sont approchés de la Ste-Table en ces beaux jours.

 

Il en a été de même pour la Toussaint et le jour des Morts. La fréquente communion est très en honneur par ici.

 

Mois du Rosaire

Quelques jeunes filles et les enfants de l’école du village ont fait les frais du chant aux exercices du mois du Rosaire. Il était beau d’entendre ces voix jeunes et pures répondre aux litanies chantées par Mlle Octavie Plourde dont la voix est si sympathique

 

 

Maladie

Mlle Émilie Théberge, institutrice à l’école modèle du village, se voit forcée d’abandonner la classe pour prendre quelques mois de repos. C’est une grande perte pour les enfants car cette demoiselle était très dévouée pour sa classe et a remporté de grands succès dans l'enseignement. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement. Elle est remplacée par Mlle E. Bernier, de St-Simon.

 

Mme Ferdinand Parent, malade depuis quelque temps prend du mieux.

 

M. Cyprien Desjardins est malade d'une inflammation de poumons.

 

M. Johnny Jean, à la suite d’un accident à un bras est si malade qu’il a été obligé d’aller demeurer quelque temps près du médecin aux Trois-Pistoles, afin de recevoir les soins appropriés à son état.

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# 5670             27 novembre 2020

Fêtes chez Désiré Théberge

Le Progrès du Golfe publie deux comptes rendus concernant la famille Désiré Théberge. Le premier souligne le 30e anniversaire de naissance de son épouse, Rosalie Parent. Pour le second, c’est le cinquième anniversaire de mariage. Désiré Théberge est originaire de Saint-Mathieu-de-Rioux et demeure alors à Trois-Pistoles.

1. Le Progrès du Golfe, 20 janvier 1922

Le soir des Rois (6 janvier) quelques intimes se rendaient à la résidence de Mme Désiré Théberge, pour lui présenter leurs compliments et bons souhaits à l’occasion de son 30e anniversaire de naissance. Il y a eu lecture d’adresses par ses filles, Mlles Jeanne et Rose-Aimée Théberge. Mme Eugène Vaillancourt (Laura), au nom des dames présentes, adressa à sa belle-sœur des paroles bien appropriées pour la circonstance.

 

À l’occasion de cette fête, Mme Théberge a reçu de nombreux cadeaux. M. Théberge lui a donné un magnifique cabinet à argenterie ; Mlles Rose-Aimée, Jeanne et Thérèse Théberge, des gerbes de fleurs ; M. Armand Théberge, un set à thé en argent ; Mme J. A. Parent, du Bic, mère de Mme Théberge, un chèque ; M. Adélard Parent et Mlle Maria Parent, du Bic, des cartes de prix, etc.

 

Vers minuit, un succulent goûter préparé par ses filles fut servi aux personnes qui ont pris part à cette charmante réunion et qui ont été si bien reçues par M. et Mme Théberge. Cette magnifique soirée s’est terminée par du chant et de la musique.

 

2. Le Progrès du Golfe, 28 juillet 1922

Le 16 juillet 1922, un groupe de parents et d’amis se rendait au domicile de M. Désiré Théberge, commis-marchand de cette ville (Trois-Pistoles), pour lui présenter ainsi qu’à Madame Théberge des vœux de bonheur à l’occasion du cinquième anniversaire de leur mariage.

 

Parmi les personnes présentes, on remarquait Madame Alfred Théberge (Rose Rousseau), Mlles Clémentine et Corinne Théberge de St-Mathieu, mère et sœurs de M. Théberge, Mlles Marie-Ange et Marie-Laure Théberge, ses nièces, M. Léo Théberge, son neveu.

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# 5655             18 novembre 2020

Une famille noble à Saint-Mathieu

Jusqu’à la fin du 19e siècle, la population du Québec est partagée en deux classes sociales, les nobles qui sont une minorité et les roturiers. Les avocats, les notaires, les médecins, les prêtres et les hauts gradés de l’armée sont souvent associés aux nobles, mais ne font pas nécessairement partie de cette classe.

 

À cette époque, il est rare que des nobles vivent dans des petites paroisses rurales. Pourtant, en 1886, un couple noble s’installe à Saint-Mathieu-de-Rioux. Voici les circonstances :

 

En 1883, l’abbé Hermel Tremblay, âgé de 30 ans et natif des Éboulements, est nommé curé de Saint-Mathieu-de-Rioux. Comme cela se fait souvent à l’époque, le curé héberge ses parents au presbytère. Son père, André Tremblay, a 75 ans et sa mère, Adélaïde Tremblay, a 70 ans. Il est raisonnable de penser que leur fils William Joseph (1) qui est encore célibataire  reçoit aussi l’hospitalité du curé. En effet, le presbytère d’alors est suffisamment grand pour héberger plusieurs personnes. Sa superficie est de 40 pieds de longueur et de 36 pieds de largeur. (Voir photo ci-contre)

 

Publication d’un ban

Il me semble voir le curé Hermel Tremblay dans la chaire de l’église de Saint-Mathieu dimanche le 14 février 1886 lors de la grand’messe. Il a la tête haute et le cœur à la joie quand il prononce ces mots : « Il y a promesse de mariage entre Wilfrid Joseph Tremblay, écuyer, major de milice et négociant, de cette paroisse, fils majeur d’André Tremblay, cultivateur, et d’Adélaïde Tremblay de cette paroisse et autrefois de Notre-Dame des Éboulements et Marie-Lucette d’Estimauville de Beaumouchel (2), fille majeure de feu Robert Anne Chevalier d’Estimauville de Beaumouchel, écuyer et avocat de Saint-François de Montmagny et d’Adèle Zoé Couillard de Lespinay. Le mariage sera célébré à Montmagny mardi de cette semaine. »

 

Le curé Tremblay reprend son souffle et dit : « Je serai absent de la paroisse une bonne partie de la semaine. Le curé de Saint-Simon a bien voulu accepter de répondre aux urgences. Je vais à Montmagny pour bénir le mariage de mon frère William Joseph. »

 

Voyage à Montmagny

On peut penser que, dès le lundi, le bedeau attelle le cheval de la Fabrique. Direction : la gare de Saint-Simon. Le curé Tremblay prend place dans la sleigh à patins. Ses parents ne sont pas du voyage. Sa mère est décédée l’année précédente à Saint-Mathieu (3). Son père a 81 ans. Le curé est accompagné d’Auguste D’Anjou, marchand et secrétaire-trésorier de la municipalité, qui sera le témoin du marié (4). Il est fort probable que le marié fait aussi partie du voyage parce qu’il est alors domicilié à Saint-Mathieu. Puis, c’est le train qui conduit tout ce monde à Montmagny.

 

Le mariage

Dans son édition du 19 février 1886, le Journal de Québec annonce que le mariage de W. Joseph Tremblay et Marie-Lucette d’Estimauville a eu lieu à Montmagny le 16 février. Il continue :

 

« La bénédiction nuptiale a été donnée par le révérend messire Hermel Tremblay, curé de Saint-Mathieu, et frère du marié, assisté par le révérend messire F. (Fréderic Auguste) Oliva, curé de Saint-François. Un chœur d’amis, sous l’habile direction de M. Joseph Létourneau, organiste de Montmagny, a rehaussé l’éclat de la cérémonie. Après le déjeuner pris chez James Oliva, écuyer, C. R., beau-père de la mariée, l’heureux couple est parti pour Saint-Mathieu. »

 

Tout comme le marié, James Oliva est écuyer. À l’époque, c’est une qualification noble. En plus, il est conseiller du roi (C. R.). En 1872, il épouse Adèle Zoé Couillard, mère de la mariée, qui a eu 16 enfants de son premier mariage. Le prêtre qui assiste le curé de Saint-Mathieu lors de la cérémonie de mariage est le frère de James Oliva. Ce dernier est un personnage important dans l’histoire de Montmagny.

 

Retour à Saint-Mathieu

Comme on le sait, après le mariage, W. Joseph Tremblay et Lucette D’Estimauville viennent vivre à Saint-Mathieu. Ils auront quatre enfants dont l’aîné est né à Saint-Mathieu et les autres à Roberval (5). Ils quitteront la paroisse en 1887 ou en 1888.

 

Conclusion

Saint-Mathieu-de-Rioux a hébergé une famille noble pendant deux ou trois ans. Pourquoi W. Joseph Tremblay a-t-il quitté la paroisse ? A-t-il été rappelé par la milice canadienne pour une mission ? Peut-on penser qu’après son mariage, il demeurait encore au presbytère et que l’incendie de cette bâtisse le 28 avril 1887 l’a incité à aller vivre ailleurs, notamment parce que les paroissiens n’ont pu sauver qu’une partie seulement de l’ameublement de la bâtisse et que le curé Tremblay a dû loger dans la salle publique. Aucun document consulté ne répond à ces questions.

 

* * * * * * *

(1) Le marié

W. Joseph Tremblay est né aux Éboulements le 13 mai 1851. Son vrai prénom de baptême est Joseph Guillaume. Lors de son mariage, il a 34 ans. En 1880, il est nommé major commandant du 88e bataillon de Charlevoix et de Kamouraska. Il démissionne en 1892. À cause de ses services dans la milice canadienne, on lui attribue le titre d’écuyer.

 

En janvier 1899, il est élu maire du village de Roberval, poste qu’il occupe pendant trois ans. Pour gagner sa vie, il est marchand et banquier. Il est décédé le 2 juin 1921 à l’âge de 70 ans.

 

(2) La mariée

Lucette d’Estimauville de Beaumouchel est née le 25 décembre 1852 à Saint-Thomas de Montmagny. On lui a donné aussi les prénoms de Marie-Luce Anaïs. Lors de son mariage, elle a 33 ans. Son grand-père paternel était écuyer et adjudant greffier. Son bisaïeul paternel était capitaine et seigneur de Beaumouchel. Son trisaïeul était sire et baron. Elle est décédée le 6 février 1932 à l’âge de 80 ans.

 

(3) Acte de sépulture de la mère du marié

« Le vingt-trois novembre mil huit cent quatre-vingt cinq nous prêtre soussigné curé de Saint Mathieu Rimouski, fils de la défunte, avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Adélaïde à l’âge de soixante-douze ans. Étaient présents Joseph Tremblay écuyer et Thomas Tremblay fils de la défunte lesquels ont signé avec nous en présence. » L’acte de sépulture est signé notamment par le curé Tremblay.

 

Plus tard, le 6 janvier 1899, André Tremblay rend l’âme à l’âge de 90 ans. Il est inhumé au même endroit.

 

(4) L’acte de mariage

« Le seize février mil neuf cent quatre-vingt six vu la dispense de de deux bans et la publication du troisième faite au prône de notre messe paroissiale ainsi qu’à St-Mathieu, diocèse de Rimouski, comme il appert par le certificat du curé du lieu, entre William Joseph Tremblay, écuyer, major dans la milice active et négociant, domicilié à St-Mathieu, diocèse de Rimouski, fils majeur de André Tremblay, cultivateur, et de défunte Adélaïde Tremblay, des Éboulements d’une part, et Marie Lucette d’Estimauville de Beaumouchel, fille majeure de feu Robert Chevalier d’Estimauville de Beaumouchel, écuyer, avocat, et de dame Zoé Couillard de cette paroisse d’autre part, ne s’étant découvert aucun empêchement au dit mariage, nous soussigné, curé de St-Mathieu, avons de l’agrément du curé de cette paroisse, reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de James Oliva, écuyer, avocat, beau-père de l’épouse et de Auguste D’Anjou, ami de l’époux, qui ont signé avec nous ainsi que les époux et plusieurs autres parents. » Suivent 15 signatures.

 

(5) Enfants du couple

1. Marie Joseph Robert André François Xavier Hermel Tremblay, né le 2 décembre 1886 à Saint-Mathieu.

2. André Anne Raphaël George Joseph Tremblay, né le 20 novembre 1888 à Roberval.

3. Marie Joseph Henri Louis Philippe Léonce Tremblay, né le 9 mars 1890 à Roberval.

4. Marie Joseph Robert Tremblay, né le 10 novembre 1892 à Roberval.

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# 5645             12 novembre 2020

Funérailles de Raymond Ouellet

Le décès par la tuberculose d’un jeune homme de Saint-Mathieu qui étudiait au Séminaire de Rimouski a fortement ébranlé la population de la paroisse et ses confrères du collège. Voici ce que rapporte le Progrès du Golfe dans son édition du 13 juin 1947 :

 

« Un émouvant hommage a été rendu, le mercredi 4 juin, à la douce mémoire de Raymond Ouellet, étudiant au Séminaire de Rimouski, enfant de M. et Mme J.- Émile Ouellet, de Saint-Mathieu, décédé au Sanatorium Saint-Georges de Mont-Joli, à l'âge de 20 ans et 3 mois, après 19 mois de maladie.

 

Le défunt a laissé dans le deuil : son père, M. J.-Émile Ouellet ; sa mère Célina Bérubé ; ses frères, M. l’abbé Paul-Émile, assistant-procureur à l'Archevêché de Rimouski, MM. les abbés Mathieu et Ulric, étudiants en théologie au Grand Séminaire de Rimouski, Gérard, Louis, Dominique, Jacques ; ses sœurs : la Rév. Sœur Saint-Edgar, S. M., Adrienne, Marie-Claire ; ses belles-sœurs : Mme Gérard (Germaine Parent), Mme Louis (Laura Vaillancourt) ; son beau- frère : M. Raoul Vignola.

 

Les funérailles eurent lieu à l'église paroissiale, au milieu d'un grand concours de parents et d'amis. La levée du corps fut faite à la demeure du défunt par M. l’abbé Louis-Joseph Lavoie, curé de l’endroit. Le service funèbre fut chanté par le frère du défunt, M. l'abbé Paul-Émile Ouellet, assisté de son cousin, M. l'abbé Élie Beaulieu, économe à l’Archevêché, et de son frère, M. l’abbé Mathieu, ces derniers remplissant l’office de diacre et de sous-diacre. »

 

Suit une liste de 19 membres du clergé qui assistaient au chœur dont Mgr Médard Belzile, représentant de Mgr Georges Courchesne, archevêque de Rimouski, M. l’abbé Donat Crousset, préfet des études au Séminaire de Rimouski et représentant de Mgr Georges Dionne, supérieur du Séminaire, M. l’abbé Raoul Thibault, directeur du Séminaire et plusieurs de ses anciens professeurs au Séminaire.

 

Suit une autre liste de plus de 100 personnes de Saint-Mathieu dont le maire Onésime Dionne, plusieurs oncles et tantes, plusieurs cousins et cousines et les révérendes sœurs du Saint-Rosaire avec leurs élèves. Une autre liste comprend les noms de plus de 100 personnes provenant principalement de Rimouski et des environs de la paroisse de Saint-Mathieu.

 

« Les élèves de Rhétorique du Séminaire de Rimouski, promotion de 1946-47, assistaient tous au service de leur confrère. Ils portèrent la dépouille mortelle, la bannière des Enfants de Marie, la Croix du Tiers-Ordre, le drapeau Lacordaire du Séminaire.

 

À l’orgue, M. l’abbé Fernand Beauchemin. La chorale locale était assistée des confrères séminaristes du défunt. Le corbillard était conduit par M. Georges Théberge, cousin. M. Émile Théberge, oncle et parrain du disparu, portait la croix. »

 

Dans son livre Horace ou l’art de porter la redingote, Bertrand B. Leblanc, un confrère de Raymond Ouellet au Séminaire de Rimouski, écrit :

 

« On demanda au directeur la permission d’assister aux obsèques. On nolisa un autobus et on partit sous un soleil arrogant, vers Saint-Mathieu à quelques milles au sud du littoral, dans les montagnes. L’infinie tristesse d’une petite église froide où des étrangers en noir pleuraient incontrôlablement. Et nous tous, comme des intrus, conscients de perdre vraiment cette fois un confrère, un ami qu’il fallait rendre à sa famille. D’ailleurs il était méconnaissable. Ça ne pouvait pas être lui le copain dont on espérait le retour. Les mains exsangues, la bouche filiforme, le corps squelettique, il avait déjà la vieillesse indéfinissable de la mort. Et toutes ces gens qui nous donnaient la main, qui nous remerciaient, à qui on faisait certes un peu de bien mais qui ne pouvaient cacher une sourde rancœur, parce que nous rappelions, avec nos redingotes, la machine hideuse qui leur avait arraché un membre. »

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# 5615             24 octobre 2020

Funérailles de dame Jean Dionne

Dans son édition du 15 août 1918, L’Action catholique, un journal de Québec, nous apprend le décès d’Hélène Jean, épouse de Jean Dionne. Voici ce qui y est écrit :

 

« Le 2 août, madame Jean Dionne, née Hélène Jean, rendait son âme à son Créateur, munie de tous les secours de la religion, après une cruelle maladie de trois mois chrétiennement soufferte.

 

S’il est vrai de dire que le Seigneur éprouve ses fidèles amis, madame Dionne fut plus que tout autre l’amie de choix de son Seigneur et de son Dieu ; car depuis vingt-neuf ans, elle était incapable de vaquer à ses occupations journalières et parfois souffrait cruellement. Elle sut accepter cette croix et la porter courageusement jusqu’au bout à l’exemple du Maître. Aussi, nous en avons la douce espérance reçut-elle la couronne de vie dès son entrée au paradis. C’est une citoyenne intègre et une chrétienne fervente, une épouse fidèle et une mère dévouée qui disparaît.

 

Madame Dionne était de ceux dont la bienveillance et la bonté naturelle jointe à un cœur hospitalier et droit s’attachent des amis nombreux et ne se créent guère d’ennemis malgré les divergences de caractère et d’opinions. Les qualités du cœur font les âmes selon ce qu’on dit : rien de plus vrai. Entourée d’affection, jouissant de la considération générale, heureuse d’une vie paisible et douce, elle avait le bonheur de demeurer près de l’église depuis douze ans. Vivant de son labeur et de son esprit de prévoyance, elle quitta tout à l’âge de 72 ans pour sa véritable patrie. Son dernier sacrifice, elle l’accepta avec la sérénité qu’un chrétien ne peut posséder à cette heure dernière.

 

Son service et sa sépulture ont eu lieu, mardi le 6, au milieu d’un immense concours de parents et d’amis dont voici les noms :

 

Conduisaient le deuil : M. Jean Dionne, son époux. Portaient la croix : M. Eugène Vaillancourt, neveu de la défunte. Portaient le corps : MM Antoine Dionne, Théophile Dionne, François-Xavier Dionne, fils de la défunte, et Georges Leclerc, son gendre.

 

Portaient les coins du poêle (drap mortuaire) : Madame Narcisse Rioux, sœur de la défunte, Madame Joseph Jean, belle-sœur et Madame Xavier Dionne ainsi que Madame Théophile Dionne, ses brus.

 

Suivaient le corps : Madame Georges Leclerc et Mademoiselle Elmina Dionne, ses deux filles, M. Joseph Jean et M. Théophile Jean, ses frères, Madame veuve Léon Vaillancourt, sa belle-sœur.

 

Cousins : M. Vézina Jean de St-Simon, M. Narcisse Jean de St-Mathieu et Ferdinand Jean, Gonzague Dionne, Cyprien Lagacé de St-Mathieu, Émile Gauvin de St-Simon.

 

Neveux et nièces : M. Philéas Gaudreau et son épouse de St-Mathieu, Mme Félix Vaillancourt, M. Ernest Dionne, F. Dionne, Omer Vaillancourt, Félix Vaillancourt, Joseph Audet.

 

Autres : Alfred Dionne, Robert Leclerc, M. Antoine Ouellet, notaire de St-Pascal, M. Jean D’Anjou et Clovis Gagné, M. Vézina Jean, Johnny Gauvin, Joseph Nicole et Mlles Nicole également de St-Simon. M. Cyprien Plourde et son épouse, M. Joseph Ouellet et son épouse, François Parent, Alphonse Bélanger, Georges Parent, Alfred Théberge, Elzéar Lévesque, Samuel Lévesque, François Ouellet, Désiré Rousseau et Émile Ouellet de St-Mathieu.

 

Bouquets spirituels : Offerts par les demoiselles Richard et Cayouette, Mlle Marie-Ange Vaillancourt, M. et Mme Narcisse Rioux, Mlle Adélia Jean de St-Mathieu.

 

Offrandes de messes : M. et Mme Georges Leclerc de Lévis, M. et Mme Joseph Jean, Xavier Dionne et Narcisse Dionne. Signé. Un témoin »

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# 5590             9 octobre 2020

Nouvelles de 1918 et 1919

Dans son édition du 23 novembre 1918, le Progrès du Golfe publie des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Décès

Encore une nouvelle victime de la grippe. Cette fois-ci, il s’agit d’une jeune femme enlevée à la fleur de l’âge à l’affection des siens : Madame Cyprien Plourde, née Aurore Théberge, décédée mardi et inhumée mercredi le treize à l’âge de 26 ans. (NDLR. Ce fut le dernier décès lié à la grippe espagnole à St-Mathieu.)

 

Elle laisse pour déplorer sa perte son époux et une jeune enfant de deux ans. Son père et sa mère ainsi que deux frères et quatre sœurs lui survivent.

 

Condoléances

Ci-dessous la copie des résolutions de condoléances à propos de la mort du maire de la paroisse M. Georges Caron.

 

À une assemblée spéciale du conseil de cette municipalité tenue lundi le onzième jour de novembre à 9 h du matin, il a été proposé par M. Ernest Dionne, secondé par MM. Louis Parent et François Dumont.

 

« Que les membres de ce conseil ont appris avec chagrin la mort de M. Georges Caron, maire de cette municipalité, et qu'ils offrent à Mme la mairesse leurs plus sincères condoléances.

 

Il a aussi été proposé que copie de la présente résolution soit envoyée à la famille ainsi qu’au journal le Progrès du Golfe.

 

Adopté

Joseph Audet, séc.-trés. »

 

Dans son édition du 17 janvier 1919, le Progrès du Golfe écrit :

 

« Marguillier

M. Narcisse Jean en remplacement de M. Cyprien Plourde, marchand.

 

Conseillers municipaux

Alphonse Lagacé, Napoléon Létourneau et Théophile Dionne. M. Antoine Dionne, manufacturier de boîtes à beurre, a été élu maire de la paroisse.

 

Statistiques (de 1918)

Baptêmes 42, mariages 6, sépultures 15.

 

Visite

M. l’abbé Omer Dubé, curé de St-Simon, était l’hôte de M. le curé le jour de l’An au soir.

 

Le même soir eut lieu le départ de M. l’abbé Ludger Harvey qui était parmi nous depuis 2 ½ mois pour prêter secours à M. le curé durant sa longue maladie (grippe espagnole). Ce jeune prêtre par ses grandes qualités a su se concilier l’estime de tous et c’est avec regret que nous l’avons vu partir. Nous lui souhaitons bons succès dans l'exercice de son saint ministère à sa nouvelle cure de St-Narcisse. »

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# 5560             21 septembre 2020

Vente de terres à l’encan

Dans  son édition du 31 janvier 1880, la Gazette officielle du Québec annonce que six terres appartenant à des cultivateurs de Saint-Mathieu-de-Rioux seront vendues aux enchères publiques à Rimouski le 1er mars prochain à moins que le paiement soit effectué avant le jour indiqué. Le journal précise que ces ventes seront faites à cause de taxes dues à la municipalité.

 

Les lecteurs seront surpris du fait que les montants dus sont minimes. Proposons quelques explications. Il est possible que les taxes scolaires qu’on appelle alors des cotisations soient aussi non payées. De plus, à cette époque, la coutume est à l’effet de faire « marquer » dans les commerces, c’est-à-dire d’acheter à crédit. Le fait de faire saisir leur terre est alors une façon pour les cultivateurs de se débarrasser de leurs dettes, y compris parfois l’hypothèque.

 

De plus, certains cultivateurs laissent aller leur terre soit pour profiter des avantages offerts aux colons d’obtenir gratuitement un lot de colonisation dans des nouvelles paroisses, soit pour recommencer à neuf, soit pour émigrer aux États-Unis.

 

Voici la localisation de six terres mises aux enchères, leur propriétaire et le montant dû, tels que précisés dans le journal :

 

1. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Frédéric Gaudreau et au sud-ouest à Louis Dubé, circonstances et dépendances ; la propriété de Pierre Ouellet.

 

Montant dû : 75 ¢

 

2. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, voisine du côté nord-est à Thomas D’Auteuil et au sud-ouest à Damase St-Pierre, lesquels sont situés en le troisième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; la propriété de Pierre Ouellet.

 

Montant dû : 1,16 $

 

3. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; voisine du côté nord-est à Édouard Lagacé et au sud-ouest à Renouf et Rioux ; la propriété de Joseph Dionne.

 

Montant dû : 18 ¢

 

4. Trois arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Firmin Bérubé et à l'ouest à Narcisse Beaulieu ; la propriété de Thomas Dumont.

 

Montant dû : 88 ¢

 

5. Deux arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés en le cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés au nord-est à Alphonse Dionne et au sud-ouest à Dumas St-Jean ; la propriété de Pierre Fraser.

 

Montant dû : 8,33 $

 

6. Quatre arpents de terre de front sur trente arpents de profondeur, situés au cinquième rang de la paroisse de Saint-Mathieu ; bornés à l’est aux Dames Casault, seigneuresses, et à l'ouest à un inconnu ; la propriété de Hyacinthe Beaulieu.

 

Montant dû : 88 ¢

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# 5535             6 septembre 2020

Nouvelles du 14 février 1913

Dans son édition du 14 février 1913, le Progrès du Golfe, un journal de Rimouski, publie des nouvelles concernant Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Mariages

- Le 7 janvier, M. Louis Gagnon, de St-Fabien, unissait sa destinée à celle de Mlle Adélia Rioux, fille de M. Narcisse Rioux, cultivateur.

- Le même jour, M. Antoine Paradis, fils de M. Jean-Baptiste Paradis à Mlle Joséphine Caron, fille de M. Georges Caron.

- Le 27 janvier, M. Eugène Dévost, fils de Pierre Dévost, à Mlle Marie-Hélène Rioux, des Trois-Pistoles.

- Le 3 février, M. Charles-Eugène Lagacé, fils de Joseph Lagacé, maire des Trois-Pistoles, à Mlle Marie-Anne Jean, fille de Jean (Johnny) Jean.

 

Sépulture

Le 16 janvier a été inhumée Mme Élise Dubé, épouse de Jean Lagacé. Elle s’est éteinte à l'âge de 40 ans. Elle laisse pour la pleurer un époux bien-aimé et une fille Mme Charles Rousseau (Marie-Anne Lagacé).

 

Baptême

Le 7 courant, l’épouse de M. Georges Leclerc, arpenteur de Lévis, donnait le jour à un fils qui porte les noms de Georges Robert Rosario. Parrain et marraine, M. et Mme Jean Dionne, grands-parents de l’enfant.

 

En visite

- Mlle Clairina Cayouette, de la Rivière de Trois-Pistoles, était de passage au presbytère la semaine dernière.

- Mme Vve Ulric Bérubé est en promenade chez ses parents et amis, ces jours-ci.

- M. le notaire Ouellet, de St-Pascal, était en visite chez son père M. Étienne Ouellet, dimanche dernier.

- Mme Georges Parent, de Trois-Pistoles, était aussi de passage ici, durant les jours gras, en visite chez ses parents et amis.

- Mlle Rose-Aimée Cayouette est de retour d’une promenade dans sa famille à Ste-Claire, où elle était allée pour assister au mariage de son frère M. Fénelon Cayouette.

 

Malade

Mme Majorique Rousseau est dangereusement malade.

 

Fête des Saintes Reliques.

Le 29 janvier, la fête des Saintes Reliques a eu lieu dans cette paroisse. M. le chan. Lavoie, Rév. M. Jean, Rév. M. Santerre, Rév. M. Pelletier, Rév. M. Amyot et le Rév. M. Arpin sont venus prêter leur concours à M. le curé. Le sermon a été donné par le Rév. M. Arpin : il a été très apprécié des auditeurs.

 

Statistiques

Durant l’année qui vient de s'écouler il y a eu 9 mariages, 9 sépultures et 26 baptêmes.

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# 5500             15 août 2020

Émigration vers les États-Unis

Vers 1840, un mouvement d’émigration de Québécois vers les États-Unis prend forme et dure jusqu’en 1930 alors que le pays ferme ses frontières.

 

À Saint-Mathieu-de-Rioux, le mouvement débute en 1887. Nous avons eu la chance de mettre la main sur un article d’un citoyen de Trois-Pistoles, qui semble être bien informé. L’article dont le titre est Le fléau de l’émigration a été publié dans L’Électeur, un quotidien de Québec, le 16 juillet 1892. On y trouve d’abord une brève description de la situation économique de Saint-Mathieu qui apparaît comme désastreuse. Puis, l’auteur fait une liste de familles qui ont émigré aux États-Unis de 1887 à 1892. Voici le texte de présentation :

 

« La paroisse de St-Mathieu, dans le comté de Rimouski n’est pas prospère. Le sol est pauvre. Les trois quarts des terres sont surchargées d’hypothèques et il est impossible à leurs propriétaires de songer à se défaire de ces obligations onéreuses au moyen des produits de la ferme. La récolte n’est pas assez abondante chaque année pour qu’ils puissent entretenir ces espérances. Même si, par impossible, ils récoltaient beaucoup, ils ne seraient guère plus avancés, ils vendraient nécessairement leurs produits à vil prix.

 

Aussi, il ne faudra pas être étonné de voir cette paroisse se dépeupler graduellement. Il est indubitable que le tiers de ses habitants auront émigré dans les États de la Nouvelle-Angleterre avant deux ou trois ans.

 

La population de St-Mathieu est actuellement de 900 âmes environ. » (Fin du texte cité)

 

Voici la liste des partants de 1887 à 1892  et leur nombre par année en supposant que chaque homme est accompagné de son épouse :

 

En 1887 : 7 personnes dont 5 enfants

Anatole Moreau, 5 enfants

 

En 1888 : 49 personnes dont 37 enfants

Narcisse Lévesque, 8 enfants

Noël Lévesque, 4 enfants

Frédéric Rioux, 6 enfants

Lucien Rioux, 8 enfants

Pierre Fraser, 6 enfants

Denis St-Jean, 5 enfants

 

En 1889 : 76 personnes dont 54 enfants

Joseph Bérubé, 7 enfants

Napoléon Charrette, 0 enfant

Joseph Dévost, 6 enfants

J. B. Lavoie, forgeron, 4 enfants

J. B. Lavoie, meunier, 5 enfants

Théophile Lévesque, 0 enfant

Pierre Ouellet, 5 enfants

Michel Paradis, 9 enfants

Charles Ricard, 5 enfants

Marcellin Rousseau, 5 enfants

Joseph Sergerie, 8 enfants

 

En 1890 : 195 personnes dont 143 enfants

Édouard Bérubé, 10 enfants

Édouard Bérubé, fils de Séverin, 4 enfants

Charles Caron, 4 enfants

William Castonguay, 3 enfants

Jean Côté, 7 enfants

Léandre Dévost, 8 enfants

Louis Dubé, 4 enfants

Maxime Dubé, 7 enfants

Séverin Dubé, 7 enfants

Paul Gaudreau, 5 enfants

Luc Jean, 6 enfants

Xavier Jean, 8 enfants

Louis Leclerc, 6 enfants

Eusèbe Lévesque, 4 enfants

Narcisse Lévesque, fils de David, 7 enfants

J. B. Michaud, 6 enfants

Charles Morin, 4 enfants

Aristobule Paradis, 4 enfants

Venant Plourde, 8 enfants

Simon Rioux, 6 enfants

Joseph Roy, 5 enfants

Pierre Roy, 3 enfants

Germain St-Laurent, 5 enfants

Étienne Tardif, 2 enfants

J. B. Tondreau, 4 enfants

Célestin Vaillancourt, 6 enfants

 

En 1891 : 33 personnes dont 23 enfants

Barthélémy Dandurand, 3 enfants

Charles Dandurand, 4 enfants

Denis Fournier, 4 enfants

Philippe Lagacé, 7 enfants

Cléophas Turcot, 5 enfants

 

En 1892 : 21 personnes dont 15 enfants

Octave Boucher, 8 enfants

Narcisse Lévesque, père, 4 enfants

Jos. Paradis, père, 3 enfants

 

Voici un tableau qui résume la situation :

 

 

1887

1888

1889

1890

1891

1892

Total

Parents

2

12

22

52

10

6

104

Enfants

5

37

54

143

23

15

277

Total

7

49

76

195

33

21

381

 

« La plupart de ces familles sont maintenant dans les États du Maine et du Massachusetts. Quelques-unes d’entre elles se sont fixées dans les villes manufacturières de l’État du Michigan ; enfin, d’autres, en petit nombre, sont dans l’ouest américain dans le Minnesota et le Dakota. »

 

Il semble bien que la prédiction de l’auteur de l’article ne s’est pas réalisée parce que de 1891 à 1900 la population de Saint-Mathieu a diminué de 107 personnes dont 54 avaient émigré en 1891 et 1892. D’ailleurs, l’année marquante est de loin 1890, comme le montre le tableau précédent. Les 195 départs ont, sans aucun doute, constitué tout un choc pour la population de la paroisse.

 

Selon des experts, autour de la moitié des partants du Québec sont revenus chez eux après quelques années aux États-Unis. En est-il de même pour les Mathéens ? On n’en sait rien.

 

Alors que la population de Saint-Mathieu-de-Rioux est de 1175 habitants en 1881, pendant les années subséquentes, elle sera à son plus bas niveau en 1921 avec 781 habitants pour dépasser les 1000 personnes de 1941 à 1966.

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# 5475            30 juin 2020

La commission scolaire

Selon le Journal de l’Instruction publique de juillet 1859, la commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux a été érigée en 1859.

 

Dans l’Album-souvenir du centenaire publié en 1966, j’avais écrit : « 31 décembre 1869. Première assemblée de la Commission scolaire consignée au registre. Le président est M. le curé Antoine Chouinard et les commissaires sont Georges Parent, Édouard Bérubé et Barthélémy Dandurand. Le secrétaire-trésorier est Théophile Lévesque. »

 

J’avais puisé cette information dans les registres de la commission scolaire. Se peut-il que le secrétaire ne consignait pas les procès verbaux dans un grand livre avant cette date? Pour le savoir, il faudrait peut-être retrouver le registre qui a été ouvert en 1869 car il a été égaré.

 

En novembre 1859, le Journal de l’Instruction publique, annonce que « Son Excellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, le 25 octobre dernier, faire les nominations suivantes de commissaires d’école pour Saint-Mathieu : MM. Célestin Vaillancourt, Damase Devost, Hyacinthe Gagnon, Vital Rousseau et Édouard Lagacé. »

 

« Les commissions scolaires reconnues comme pauvres reçoivent des subventions du Gouvernement. La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1865 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé en cotisations (impôts scolaires) 118,60 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 36 $. » Journal de l’Instruction publique, février 1866

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1866 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé 121 $ en cotisations. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 27 $ alors qu’elle demandait 32 $. » Journal de l’Instruction publique, mars 1867

 

En 1867, « cette municipalité n’a que deux écoles mais on avise aux moyens d’en ouvrir une troisième dans un canton éloigné des écoles établies. Les progrès sont satisfaisants dans ces deux écoles que fréquentent 98 élèves, avec une assistance quotidienne de 67 élèves. On note que les livres de comptes sont bien tenus. » Journal de l’Instruction publique, mai 1867.

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1870 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé 94,32 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 30 $. On note que quatre écoles existent. » Journal de l’Instruction publique, janvier 1871

 

« La commission scolaire de Saint-Mathieu reçoit pour 1871 une subvention ordinaire de 84,10 $. Elle a prélevé en cotisations 152,90 $. En plus, elle reçoit une subvention supplémentaire de 30 $ alors qu’elle demandait 36 $. On note que quatre écoles existent. » Journal de l’Instruction publique, mars 1872

 

Les derniers extraits nous montrent le peu de ressources financières de la commission scolaire. Par exemple, en 1871, le budget annuel de l’organisme est de 267 $ pour quatre écoles, soit une moyenne de 66,75 $ par école. Avec cet argent, il fallait payer l’institutrice et assurer le loyer des maisons d’école et l’entretien des écoles, en particulier le chauffage pendant l’hiver.

 

Le 30 octobre 1880, la Gazette officielle du Québec publie un avis de demande d’annexion. Le texte se lit comme suit :

 

« Annexer à la municipalité de Sainte-Françoise, dans le comté de Témiscouata, le territoire suivant de la paroisse de Saint-Mathieu, dans le comté de Rimouski, savoir : dix-huit arpents de front sur la cinquième concession, et 14 arpents sur la sixième concession ; bornée au nord aux terres de la quatrième concession, de la seigneurie de Nicolas Rioux, au sud aux terres de la septième concession, à l’ouest à la ligne de Sainte-Françoise, et à l’est à Thomas P. Pelletier, écuyer, sur les deux concessions. »

 

En septembre 1892, le journal L’enseignement primaire écrit : « Il a plu à Son Honneur le lieutenant-gouverneur, par un ordre en conseil, en date du 8 juillet dernier (1892), de détacher de la municipalité de Saint-Mathieu de Rioux, comté de Rimouski, les propriétés nos 135, 136, 137, 138 et 139 du cadastre de la dite paroisse, et les annexer pour les fins scolaires à la municipalité de la paroisse des Trois-Pistoles, comté de Témiscouata. Cet ordre en conseil ne prendra effet que le premier de juillet prochain (1893) ».

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# 5465             24 juin 2020

Nouvelles du 16 janvier 1909

Dans son édition du 16 janvier 1909, L’Action sociale, journal de Québec qui a précédé l’Action catholique, on peut lire plusieurs nouvelles concernant la paroisse de Saint-Mathieu-de-Rioux. Des éléments d’information ont été ajoutés.

 

« À une assemblée des anciens et nouveaux marguilliers, M. Cyprien Bélanger a été élu marguillier en remplacement de M. Charles Ouellet sortant de charge. Les deux autres marguillers sont Thomas Pelletier et Ludger Ouellet.

 

Baptêmes. M. et Mme Charles d'Auteuil (Émilia Dionne) ont fait baptiser une fille sous les noms de Marie Rose Anna. Parrain et marraine : M. et Mme Adélard d'Auteuil (Elmire Gaudreau). Note. Rose Anna est née le 31 décembre 1908. Elle épousera Georges Roy le 23 décembre 1944 à Louiseville.

 

M. et Mme Philéas Gaudreau (Delphine Dionne) ont fait baptiser une fille Marie Rose Délima. Parrain David Ouellet, marraine Délima Gaudreau. Note. Rose Délima est née le 31 décembre 1908. Elle épousera Ernest Desjardins le 26 décembre 1925 à St-Mathieu.

 

M. et Mme Narcisse Rioux (Arthémise Jean) ont fait baptiser un fils sous les noms de Joseph Roméo Camille. Parrain Victor Jean, marraine Marie-Anna Jean. Note. C'est le 16e enfant du couple Rioux-Jean. Roméo Camille est né le 5 janvier 1909. Il décédera le 13 octobre 1931 à l’âge de 22 ans.

 

M. et Mme Joseph Côté (Marie Ouellet) ont fait baptiser une fille Marie Ange. Parrain et marraine : M. et Mme Thomas Ouellet (Marie-Rose Théberge). Note. Marie Ange est née le 27 décembre 1908.

 

Extrait des registres

Les registres mentionnent pour 1908 : 8 mariages, 39 baptêmes, 15 sépultures. » (Fin du texte cité)

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# 5440             9 juin 2020

Émélie Théberge (1892-1915)

Émélie Théberge est née à Saint-Mathieu-de-Rioux le 4 septembre 1892. Elle est la fille d’Alfred Théberge et de Rose Rousseau. Dans son édition du 13 novembre 1914, le Progrès du Golfe nous apprend qu’Émélie Théberge est malade. Six mois plus tard, soit le 21 mai 1915, le même journal nous apprend son décès. «  Le douze mai, la mort  (…) enlevait à la fleur de l’âge, une victime de la terrible consomption, Mlle Émilie Théberge, institutrice, âgée de 22 ans, fille de M. Alfred Théberge, secrétaire-trésorier. Les funérailles, le 15 mai, furent très solennelles. L’église avait revêtu ses plus riches tentures de deuil et l’assistance était nombreuse. La levée du corps se fit à la maison mortuaire. M. le curé Cayouette officiait.

 

La croix était portée par Mlle M. Audet, accompagnée des porteurs : M. Thomas Ouellet, beau-frère de la défunte, ses frères M. Émile et Désiré Théberge, ses beaux-frères M. Eugène Vaillancourt et M. Cyprien Plourde. Les coins du poêle (drap mortuaire) étaient portés par des enfants de Marie, amis de la défunte, Mlle Élise Bernier, institutrice, Mlle Marie-Thérèse Nicole, de St-Simon, Mlle Octavie Plourde et Mlle Léontine Parent.

 

Le deuil était conduit par M. et Mme Alfred Théberge, père et mère de la défunte, Mesdames Thomas Ouellet, Eugène Vaillancourt et Cyprien Plourde, Mlles Clémentine et Corine Théberge, toutes sœurs de la défunte. Les enfants de l'école modèle vinrent ensuite pour rendre un dernier hommage à celle qui fut leur maîtresse aimée.

 

Dans le cortège, nous remarquions toutes les institutrices de la paroisse, Mme Vve Thomas. Rioux, Mlles Sirois et Ouellet, les deux demoiselles Bilodeau.

 

Le chant fut très réussi. À part les chantres ordinaires, les deux demoiselles suivantes chantèrent des cantiques avant le service. Mademoiselle Octavie Plourde, dont la voix est si douce et si sympathique, chanta le cantique « Jusques à quand, enfants des hommes » avec beaucoup d’âme. Avant le « libéra », Mlle Élise Bernier chanta l’Adieu de Schubert, avec paroles adaptées pour sépulture de jeune fille. Sa voix harmonieuse et si émue fit couler bien des larmes.

 

Mlle Émilie Théberge, jeune fille distinguée par ses vertus, ses talents et son aimable caractère avait su se créer un grand nombre d’amis qui ne l’oublieront pas de longtemps. Sa maladie si longue fut soufferte avec une grande résignation. Dieu est venu cueillir cette belle fleur pour en orner son ciel. Elle emporte des regrets unanimes comme le prouvent les nombreuses offrandes de bouquets spirituels.

 

À la famille affligée nos plus sincères sympathies. »

 

L’article est signé Fleur du Pays.

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# 5420             27 mai 2020

Fin tragique de Majorique Rousseau

Chaque paroisse vit ses propres drames. Dans l’édition du 24 octobre 1903, La Presse, un quotidien de Montréal, raconte la disparition d’un paroissien de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

« Un brave cultivateur de St-Mathieu, comté de Rimouski, M. Majorique Rousseau, âgé d’environ 70 ans, partit de sa demeure l’autre après-midi pour se rendre au bois sur sa terre. Le soir, le vieillard ne revenait pas et, à mesure que la nuit avançait, l’émoi grandissait au foyer.

 

Le lendemain matin, sa famille fit part au voisinage de la disparition du vieillard. Plusieurs amis alors se mirent à sa recherche toute la journée du samedi, mais sans succès.

 

Dimanche dernier, M. le curé de St-Mathieu, dans l’anxiété lui-même de connaître ce qu’était devenu cet estimé paroissien, dit une messe basse au lieu de chanter la messe paroissiale ordinaire et demanda à ses paroissiens de se mettre immédiatement après la messe à la recherche de M. Rousseau.

 

En effet, grand nombre de paroissiens se rendirent de bonne grâce à cette invitation et firent une battue générale dans le bois. Dans le cours de l’après-midi, on trouva le vieillard couché au pied d’un arbre sur le côté droit et la main droite sous l’oreille. Il semblait dormir.

 

M. Majorique Rousseau était un citoyen très estimé à St-Mathieu. Il était connu sous le nom amical de « Père Major ». (Fin du texte cité)

 

Majorique Rousseau est né le 24 avril 1830. Il est le fils de Laurent Rousseau et de Rosalie Lévesque. Il épouse en premières noces Desanges Vaillancourt le 11 juillet 1854 en l’église de Saint-Simon. En secondes noces, il épouse Marie Lagacé le 15 octobre 1872 à Saint-Mathieu, Il décède le 16 octobre 1903. Il a donc 73 ans lors du drame. 

 

De ses deux unions, Majorique Rousseau a 18 enfants. Citons Majorique (Geneviève Marquis), Zoé (Louis Fortin), Luce (Luc Larrivée), Désiré (Caroline Drapeau et Claudia Lavoie), Charles-Eugène (Marie Anne Lagacé), Éva (Jos Vaillancourt), Clairina (Jean-Charles Couturier).

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# 5400             15 mai 2020

Vente du magasin général

L’électeur, journal du matin de Québec, dans son édition du 1er mai 1889, annonce la vente de la maison de T. Lévesque, de Saint-Mathieu-de-Rioux.

 

Qui est ce T. Lévesque ? Il est fort à parier qu’il s’agit de Théophile Lévesque. En effet, cet homme a été le premier propriétaire en 1866 du magasin général situé en face de l’église. Il est né en 1836. Il est le fils de Pierre Lévesque et de Madeleine Gauvin. Il épouse Arthémise Michaud le 28 octobre 1862 à Trois-Pistoles.

 

Il a été le premier secrétaire-trésorier de la commission scolaire de Saint-Mathieu-de-Rioux en 1869. Il a aussi été le premier secrétaire-trésorier de la municipalité de 1872 à 1881. On en déduit qu’il avait une certaine instruction. Lors de l’annonce de la vente de la bâtisse, il a 63 ans.

 

 

Voici le texte de l’annonce :

 

« Maison à vendre, T. Lévesque

Une magnifique maison à deux étages de 25 × 30 pieds avec cuisine attenante en arrière, de 15 × 25 pieds, située près de l'église St-Mathieu de Rimouski, avec ensemble hangar, étable et remise, sur un emplacement d’un arpent sur un demi-arpent de terre.

 

Le tout en très bon ordre avec un côté de la maison dans le premier étage pour le magasin et très confortable pour la réception des touristes qui ont l’habitude d’aller tour à tour passer quelques jours pendant la saison d’été, pour y faire la pêche dans les beaux lacs de cette paroisse.

 

Conditions faciles.

 

S’adresser sur les lieux à T. Lévesque, St-Mathieu. »

La photo de la maison a été publiée dans la monographie Saint-Mathieu-de-Rioux raconte son histoire en 2016.

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# 5365             24 avril 2020

Décès d’un centenaire

Daniel Jean Girouard, époux de Claire Girouard (née Henley), de Calgary, Alberta, est décédé le samedi 22 février 2020 à l'âge de 100 ans et 4 mois. Il était natif de Saint-Mathieu-de-Rioux. La maison funéraire McInnis & Holloway  a publié sur son site une courte biographie en anglais de cet homme.

Comme le récit de sa vie est assez exceptionnel pour l’époque, j’ai pensé vous présenter ce texte. Le voici en traduction libre :

 

« Daniel John Girouard, est né le 22 octobre 1919 d'Alfred Girouard et d'Yvonne Dionne dans la paroisse de St-Mathieu au Québec. Le temps que Daniel a passé avec sa mère a été malheureusement bref. En 1921, peu de temps après la naissance du frère de Daniel, Charles, sa mère et son bébé Charles sont décédés de complications après la naissance. Cette tragédie a incité Alfred à quitter le Québec pour commencer une nouvelle vie dans l'Ouest, soit dans le district de Peace River en Alberta.

Daniel est demeuré au Québec pour être élevé par ses grands-parents maternels, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. Ceux-ci ayant élevé une famille nombreuse (8 enfants), ils ont donné à Daniel la possibilité de grandir avec des oncles et des tantes, certains presque de son âge. Daniel a grandi sur la ferme familiale et a vécu une enfance heureuse et aimante. Le premier jour d'école où l'enseignante faisait l’appel des noms, elle a dit « Daniel Girouard », personne n'a répondu. Elle a de nouveau appelé le nom, a montré Daniel et a dit : « C'est toi ? » Daniel secoua la tête, il dit : « Non, je m'appelle Daniel Dionne. » Quand il est rentré chez lui, il a dit à sa grand-mère : « Cette maîtresse est folle, elle a dit que je m'appelle Girouard ! »

Quand Daniel eut 12 ans, son père est revenu à Saint-Mathieu pour le ramener en Alberta. Au début du séjour, Daniel ne croyait pas qu'Alfred était son père. Le lendemain, après le retour de Daniel de l'école, Alfred était toujours là. Ses grands-parents ont réussi à le convaincre qu'Alfred était bien son père et il a accepté la situation. Daniel a voyagé avec son père, ses oncles Charles et Ferdinand Dionne, et Philippe D'Auteuil en Alberta.

Son père s'était marié une deuxième fois avec Florentine Campbell en 1926, ils avaient deux enfants : Ted (Phillip Alfred) et Jeanne. Daniel avait un demi-frère et une demi-sœur qu'il avait rencontrés à son arrivée à la propriété familiale de Dreau en Alberta. Daniel a poursuivi ses études jusqu'à l'âge de 15 ans quand il a fait une chute brutale de son cheval et s'est blessé à la jambe. Après avoir récupéré à la maison, il a été décidé qu'il avait suffisamment de scolarité, et il était temps pour lui de commencer à travailler à plein temps à la ferme. Daniel a travaillé à la ferme jusqu'à ce qu'il convainque son père de le laisser aller dans un camp de bûcherons pour aider ses oncles. Il a également défriché des terres avec son père et a travaillé pour le chemin de fer dans sa jeunesse.

En 1941, à l'âge de 21 ans, Daniel s'est enrôlé dans les Forces armées canadiennes à Grande Prairie en Alberta. Il s'est entraîné près de Calgary, puis en Angleterre. Daniel a servi pendant la Seconde Guerre mondiale avec une équipe de transport au sol. Il a été affecté en Méditerranée centrale, en Europe du Nord-Ouest et en Hollande à la fin de la guerre. Il est revenu au Canada en 1946. Il a noué des amitiés à vie avec plusieurs de ses copains de l'armée, dont Dick Page et Henry Johnson de la région de Didsbury, et plusieurs autres de partout en Alberta et au Canada.

Daniel est retourné dans la région de Peace River pour travailler sur le chemin de fer et la ferme. Là, il a rencontré l'amour de sa vie Claire Marie Henley. En décembre 1946, ils se sont mariés à Girouxville, en Alberta. La réception a dû être assez festive car l’édifice a brûlé après le départ des invités tôt le matin.

Daniel et Claire ont acquis une terre au sud de Girouxville qu'ils ont défrichée et cultivée jusqu'en 1950, tout en occupant d'autres emplois pour joindre les deux bouts. En 1947, leur première fille est née, Marguerite Yvonne. En 1948, leur premier fils est né, Richard Theodore. La jeune famille demeurait près de Prince George, en Colombie-Britannique, pour le travail, où leur deuxième fille, Paula Louise, est née en 1949. Pendant leur séjour en Colombie-Britannique, un incendie a de nouveau frappé et ils ont perdu de nombreux biens.

Daniel a ensuite trouvé un emploi dans une équipe sismique et la famille a voyagé avec lui. Ils vivaient dans une petite remorque à la suite de travaux sismiques en Alberta et en Saskatchewan. En 1953, ils sont arrivés à Calgary et ont vécu dans le parc à roulottes d'Inglewood, puis à Sunshine Auto Court, qui fait maintenant partie de Stampede Park. En 1954, Daniel a commencé à travailler pour Postes Canada, où il fut facteur jusqu'à sa retraite en 1980.

En 1955, la famille emménage dans une toute nouvelle maison à Bowness. Les enfants avaient de l’espace en masse : 850 pieds carrés, une grosse différence par rapport à la roulotte. Les enfants ont fréquenté l'école à Bowness, et Daniel et Claire se sont fait de nombreux nouveaux amis. Daniel aimait voyager, et la famille a passé de nombreux week-ends sur la route pour rendre visite à des parents et amis. À la surprise générale, le quatrième enfant de Daniel et Claire, Paul Louis, est arrivé en 1966, 17 ans après sa sœur.

Les voyages de Daniel et Claire les ont emmenés en Europe, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. Après leur retraite en 1980, ils ont passé plusieurs années à faire des voyages en camping-car à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique. Après que Daniel ait eu 80 ans, les voyages ont été plus courts, mais ils ont quand même voyagé à travers le Canada pour rendre visite à des amis et à leur famille.

 

Daniel était membre de la filiale 238 de la Légion royale canadienne. Il a passé du temps en tant qu'officier de service et a aidé le Fonds du coquelicot pendant de nombreuses années. Daniel et Claire étaient des habitués du Jam du jeudi pour aînés et aimaient faire une danse ou deux. Ils ont assisté à deux voyages « Merci Canada » en Hollande, où ils ont été extrêmement bien traités grâce à l’implication de Daniel à la fin et après la guerre. Daniel et Claire ont vécu dans leur maison de Bowness jusqu'à ce qu'il soit enfin prêt à emménager dans une résidence de retraite à l'âge de 97 ans.

 

Daniel avait un grand amour pour sa famille et ses amis. Il n'était jamais plus heureux que lorsqu'il jouait avec des enfants. Il aimait taquiner tous les enfants et ils revenaient tous vers lui. Daniel a fêté ses 100 ans en octobre dernier, où il a eu le plaisir de rendre visite à de nombreux amis et à sa famille qui ont voyagé pour profiter d'un après-midi en son honneur. Daniel était très aimé, et sa mémoire vivra avec nous pour longtemps.

 

Daniel a été précédé dans la mort par sa mère Yvonne Dionne, son père Alfred Girouard, deux frères, Charles Girouard et Ted Girouard, sa sœur Jeanne Gendron et ses grands-parents, Ferdinand Dionne et Marie Gagnon. » (Fin du texte cité)

La photo appartient à la maison funéraire McInnis & Holloway.

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# 5340             9 avril 2020

Un père éprouvé

Jusque vers 1950, la mortalité infantile, les accouchements, les maladies pulmonaires, les épidémies plombaient l’espérance de vie. Je vous raconte l’histoire d’Alfred Théberge de Saint-Mathieu-de-Rioux qui a été durement éprouvé par des pertes de vie dans sa famille immédiate.

 

Alfred Théberge est le fils d’Alexandre-Timothée Théberge et d’Émérence St-Pierre. Il est né le 26 février 1840. Il épouse en premières noces Arthémise Bélanger le 24 novembre 1863 et en deuxièmes noces Rose Rousseau le 15 octobre 1878. Cette dernière décède le 13 mai 1940 à l’âge de 88 ans.

 

Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu sa première épouse, Arthémise Bélanger. Elle décède le 3 octobre 1867 à l’âge de 23 ans d’une maladie contagieuse. Elle avait mis au monde son deuxième enfant une semaine plus tôt, soit le 27 septembre.

 

Pendant sa vie, Alfred Théberge a perdu 8 de ses 13 enfants. Voici les noms par ordre chronologique de décès :

 

Victime 1. Délima. Née le 27 septembre 1867, elle décède le 25 novembre 1867 à l’âge de 2 mois de la même maladie que sa mère Arthémise.

 

Les victimes suivantes sont les enfants de Rose Rousseau qui a mis au monde 11 enfants.

 

Victime 2. Adélard. Né le 28 mai 1880, il décède le 9 mai 1881 à l’âge de presqu’un an.

 

Victime 3. Un autre Adélard. Né le 13 juillet 1881, il décède le 7 septembre 1882 à l’âge d’un an et 2 mois.

 

Victime 4. Hermel Alfred. Né le 25 mars 1888, il décède le 3 décembre 1889 à l’âge d’un an et 8 mois.

 

Victime 5. Éva. Née le 26 août 1894, elle décède le 10 février 1901 à l’âge de 6 ans et 6 mois.

 

Victime 6. Émilie. Née le 4 septembre 1892, elle décède le 12 mai 1915 à l’âge de 22 ans. Elle était institutrice.

 

Victime 7. Aurore. Née le 8 mars 1891, elle épouse Cyprien Plourde le 1e juillet 1913. Elle décède le 12 novembre 1918 de la grippe espagnole à l’âge de 27 ans. Elle a mis au monde un enfant anonyme la veille de sa mort. Elle avait perdu un autre enfant anonyme le 29 septembre 1917.

 

Victime 8. Rose. Née le 15 novembre 1883, elle épouse Thomas Ouellet le 25 janvier 1905. Elle décède le 8 janvier 1920 à l’âge de 36 ans après avoir mis au monde 9 enfants.

 

Quand Alfred Théberge décède le 9 août 1924 à l’âge de 84 ans, il ne reste plus que cinq de ses enfants sur 13 pour pleurer sa perte. Ce sont : Clémentine, Émile, Désiré, Laura, une ancienne institutrice, et Corine. Cette dernière, une institutrice, décède le 6 septembre 1924 à l’âge de 39 ans, moins d’un mois après son père.

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